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Ne pas oublier les personnes âgées

More than 200,000 elderly people were affected by the January 2010 earthquake in Haiti
More than 200,000 elderly people were affected by the January 2010 earthquake in Haiti (Nancy Palus/IRIN)

Suite au tremblement de terre du mois de janvier en Haïti, les personnes âgées ont besoin de recevoir davantage d’attention, et leur rôle potentiel dans le relèvement doit être mieux apprécié, disent des travailleurs humanitaires.



D’après Help Age International, quelque 800 000 Haïtiens, soit environ sept pour cent de la population, ont plus de 60 ans, et plus de 200 000 personnes âgées ont été affectées par le séisme.



« C’est une population qui a des besoins spécifiques et peut être très vulnérable – par certains aspects, aussi vulnérable que les enfants de moins de cinq ans ou les nourrissons », a dit à IRIN Cynthia Powell, de Help Age International, à Port-au-Prince, la capitale.



« En même temps, ce sont des adultes qui ont eu des vies formidablement riches et ont une grande expérience, un grand potentiel à donner en retour à la société, d’une certaine manière. »



D’après Help Age, il existe un certain nombre de maisons de retraite dans la capitale. Mais certaines ont été endommagées, et les autres n’ont pas la capacité nécessaire pour accueillir les personnes âgées qui sortent de l’hôpital ou ont besoin de soins spéciaux suite au tremblement de terre.



Help Age travaille notamment avec l’ONG (organisation non gouvernementale) Samaritan's Purse sur un projet vivres contre formation, dans lequel des femmes seraient formées à s’occuper de personnes âgées.



Déprimés, désorientés



Dans les camps pour familles déplacées, IRIN a rencontré des personnes âgées présentant des conditions variables – d’une femme de 90 ans qui vendait de la lessive et du savon pour les mains, à un homme de 66 ans qui, depuis le séisme, est désorienté et refuse de manger.



« Je n’arrive pas à le faire manger », a dit sa fille, Yolande Casimir, à IRIN, alors qu’il était allongé par terre, sous leur tente, semblant passer alternativement du sommeil à la veille. « Il souille ses vêtements. Il est déprimé. Il parle tout seul. Quand il se lève pour marcher, il tombe. » Elle a dit qu’il était diabétique et qu’il souffrait d’hypertension artérielle, mais qu’il allait bien avant le tremblement de terre.



« C’est juste qu’il est tellement stressé. Il ne pense qu’à la maison et à tout ce qu’il a perdu. Pourriez-vous me dire ce que je pourrais faire pour l’aider un peu, pour qu’il ne perde pas complètement la tête ? »



Parmi les personnes âgées avec lesquelles IRIN a parlé dans les camps de déplacés, plusieurs ont dit qu’elles avaient des douleurs à la poitrine, et des maux de tête et de ventre depuis le séisme. La plupart ont dit qu’elles souffraient d’hypertension et qu’elles ne prenaient plus leurs médicaments.












This woman in Camp B-D de Maïs Gaté had an eye operation just before the earthquake. She has not been able to get follow-up care and her glasses among her belongings destroyed in the quake. March 2010

This woman in Camp B-D de Maïs Gaté had an eye operation just before the earthquake in Haiti
Nancy Palus/IRIN
This woman in Camp B-D de Maïs Gaté had an eye operation just before the earthquake. She has not been able to get follow-up care and her glasses among her belongings destroyed in the quake. March 2010
http://www.irinnews.org/photo.aspx
Jeudi, mars 11, 2010
Don't forget the elderly...
This woman in Camp B-D de Maïs Gaté had an eye operation just before the earthquake. She has not been able to get follow-up care and her glasses among her belongings destroyed in the quake. March 2010


Photo: Nancy Palus/IRIN
Cette femme déplacée n’a pas pu bénéficier de soins postopératoires pour ses yeux, et ses lunettes font partie des nombreuses choses qu’elle a perdues dans le séisme

« Avec le diabète et l’hypertension, c’est une double malédiction », a dit Mme Powell, de Help Age, à IRIN. « Après le tremblement de terre, il y a parfois eu une interruption de l’accès aux prescriptions de médicaments contre les maladies chroniques comme celles-là, et ces deux maladies sont aggravées par le stress. »



Rita Baptiste, 65 ans, a dit qu’elle avait été opérée des yeux juste avant le tremblement de terre, qu’elle avait maintenant les yeux irrités et ne voyait pas bien. L’hôpital où elle aurait dû être suivie a été détruit, tout comme ses lunettes.



Pour certaines personnes âgées vivant dans les camps – dont beaucoup sont seules, leurs enfants habitant en province ou à l’étranger – obtenir l’aide dont ils ont réellement besoin est un véritable défi. Philomène Casimir, 70 ans, a dit à IRIN qu’elle avait reçu un ticket de distribution alimentaire un matin, mais que lorsqu’elle était allée chercher la nourriture l’après-midi, elle avait été bousculée par la foule et était repartie les mains vides. Elle a dit qu’elle n’osait pas essayer une seconde fois.



Besoins spécifiques



Help Age et d’autres ONG prévoient de mettre en place des zones spéciales dans les nouveaux camps de déplacés qui doivent être créés dans les mois à venir, afin d’apporter une réponse à ces problèmes.



« Nous plaidons pour qu’une zone [dédiée aux personnes ayant des] besoins spécifiques soit créée dans ces camps – pas simplement pour les personnes âgées, mais aussi pour les personnes amputées, les personnes sortant de l’hôpital et les handicapés », a dit Michael Andreini, de Help Age, à IRIN. « De façon à ce que les services de santé [leur] soient plus accessibles et que la sécurité et la protection [de ces populations] soient prises en considération ».



Un membre du comité qui gère un des camps, qui s’est présenté uniquement sous le nom de Harold, a dit qu’à cause de la rupture des communautés provoquée par la catastrophe, les gens qui auparavant rendaient visite à une personne âgée pour l’aider dans les travaux ménagers, ou lui donner un peu d’argent ou de nourriture, ne le faisaient plus.



Toutes les personnes âgées affectées par le séisme ne sont pas dans une situation désespérée, ont souligné les travailleurs humanitaires et les résidents des camps. Beaucoup sont actives et ont simplement besoin de soutien en termes de soins de santé, d’alimentation et d’abri, de façon à ne pas basculer dans la vulnérabilité. Ces personnes représentent également des ressources précieuses, a dit M. Andreini.



« Ce sont des gens qui ont connu différents régimes, qui ont [participé à] l’histoire d’Haïti, qui comprennent ce que ce pays a traversé et quel est son potentiel », a-t-il dit. « Les personnes les mieux placées pour aider à planifier la reconstruction du pays sont entre autres celles qui sont là depuis longtemps ».



np/mw/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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