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Le gouvernement met fin au rapatriement forcé des personnes déplacées

IDPs moving back to their villages in northern Uganda
IDPs moving back to their villages in northern Uganda (Charles Akena/IRIN)

Le rapatriement forcé de personnes déplacées en Ouganda vers leurs districts d’origine dans le nord est « inhumain et contraire à la politique gouvernementale du retour volontaire », ont dit des officiels locaux.



Des centaines de personnes déplacées qui avaient fui les affrontements entre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et les forces du gouvernement dans les années 1990, trouvant refuge dans le district de Masindi, dans le centre du pays, ont récemment été rassemblées par les autorités locales et renvoyées en camion vers les districts du nord.



« Nous avons appris que ces personnes déplacées sont rassemblées, embarquées sur des camions, et renvoyées vers leurs districts [d’origine] dans le nord de l’Ouganda ; ces opérations sont contraires au principe de retour volontaire des anciens déplacés dans leurs régions d’origine », a dit John Ogwok Komakech, président du district de Kitgum, dans le nord de l’Ouganda.



Des sources de Masindi ont indiqué que 2 492 personnes déplacées vivant dans le village de Kihura A, 1 300 vivant à Kihura B, 1 511 à Kasubi et 1 843 à Nyamiringa devaient être rapatriées.



D’après Lilly Adong, Coordinatrice de la préparation aux catastrophes et du relèvement pour le cabinet du Premier ministre à Amuru, dans le nord de l’Ouganda, le gouvernement est intervenu.



« L’opération a été totalement interrompue car elle constituait une véritable violation des droits des personnes déplacées… Les déplacés rapatriés ont exprimé des inquiétudes concernant leur sécurité et leur dignité », a-t-elle dit à IRIN. « Ces personnes ont été embarquées à bord d’un camion et déposées à un poste de police d’Amuru sans que nous ayons été prévenus. »



Joseph Otto, qui a fui le village de Mucwini dans le district de Kitgum en 1996, a dit qu’il resterait dans la ville de Kitgum car il ne pouvait pas rentrer au village sans le moindre bien qui lui permette de démarrer une nouvelle vie.



Certaines personnes déplacées ont expliqué qu’elles étaient nées à Masindi et ne savaient pas où aller, d’autres qu’elles avaient des potagers ou des enfants scolarisés à Masindi.



« Un des policiers m’a forcée à monter dans le camion, dans le village de Nyamiringa, où je vivais », a dit à IRIN, au site de retour d’Ociti à Amuru, Harriet Achayo, qui avait fui en 1997 le village de Guru-Guru, dans le district d’Amuru. « Ils ont dit qu’ils nous ramenaient parce que les terres que nous occupions allaient servir à planter des cannes à sucre. »



D’après des officiels locaux, Mme Achayo, comme 122 autres déplacés, ont été déposés au poste de police d’Amuru, 93 autres ayant été emmenés dans le district de Pader.



Le nord de l’Ouganda a retrouvé une paix relative après la signature, en 2006, d’un accord de cessation des hostilités entre la LRA et le gouvernement. Depuis cette date, la plupart des déplacés sont retournés dans leurs villages d’origine.



Cependant, d’après les observateurs, dans les lieux de retour, les services ne sont pas adaptés aux besoins des populations revenues dans leurs foyers. Les écoles manquent par exemple de logements pour les professeurs, de salles de classe, de latrines et de points d’eau.



ca/eo/cb/il


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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