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Des Congolais « brutalement expulsés » d’Angola

[Angola] Cabinda town square – Sept 2003.
La place centrale de la ville de Cabinda, en Angola (photo d’archives) : parmi les Congolais expulsés par les autorités angolaises, certains vivaient à Cabinda, ou dans la ville de Soyo (IRIN)

Des milliers de citoyens congolais sont expulsés d’Angola vers la République démocratique du Congo (RDC) dans des circonstances alarmantes, d’après des travailleurs humanitaires.



« Les personnes refoulées n’ont plus rien, ils ont été dépossédés de tout ; des cas de violences, de viols et d’abus sexuels [ont été signalés] », a dit Séverine Flores, porte-parole du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).



Une grande partie des Congolais expulsés se sont rendus dans la ville de Boma, en RDC, dans la province du Bas-Congo.



« Pour l’instant, la majorité des personnes refoulées sont hébergées dans des familles d’accueil, elles sont dispersées dans toute la ville », a dit Mme Flores, ajoutant qu’il n’existait pas de statistiques fiables permettant de connaître leur nombre exact.



Cependant, d’après elle, les ONG (organisations non gouvernementales) locales estiment que près de 18 000 personnes ont été expulsées depuis juillet. Des milliers de Congolais sont expulsés d’Angola chaque année.



Selon Radio Okapi, une radio gérée par les Nations Unies, près de 25 000 autres Congolais ont fui l’Angola depuis le début de l’année, chassés par les mauvais traitements dont ils étaient victimes. Le ministre congolais des Affaires sociales a annoncé qu’une mission officielle avait été mise en place afin d’enquêter sur cette situation.



Parmi les Congolais expulsés, certains vivaient dans la ville angolaise de Soyo ou dans l’enclave de Cabinda. Environ 5 000 personnes auraient franchi la frontière le week-end dernier. « Ils sont pourchassés par toutes les forces de sécurité : les militaires, policiers, et même des agents de [l’immigration], qui n’hésitent pas à confisquer tout ce que ces Congolais portent sur eux », a dit à IRIN, par téléphone, Jean-Pierre Larandja, un Angolais de Cabinda.



« La situation est grave », a dit une personne expulsée à Radio Okapi. « Ils s’en prennent à nous, les Congolais. Certaines personnes sont gravement blessées ; d’autres ont été tuées à la machette, ou par [balle]. Dès qu’ils nous voient avec un [baluchon] sur la tête, ils nous frappent ».



« A l’heure où je vous parle, je suis blessé au pied. Tous les Congolais qui vivent ici veulent [partir] », a-t-il dit, ajoutant que des civils angolais, ainsi que des membres des forces de sécurité, s’étaient joints aux attaques, « investissant de force [les] maisons [des Congolais], pour [les] tabasser et emporter [leurs] biens ».



En réaction à la situation, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement de la RDC, a annoncé que les services d’immigration congolais avaient commencé, la semaine dernière, à expulser des Angolais vivant en RDC.



« Nous ne pouvons accepter que ces Congolais soient refoulés sans dignité, même s’ils sont en situation irrégulière. On leur [impose] des fouilles [très poussées], jusque dans les parties intimes. Certaines personnes subissent même des lavages d’estomac », a déclaré M. Mende.



De nombreux Congolais travaillent dans des mines de diamants en Angola.



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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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