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Inondations - Fermeture de l’hôpital et du laboratoire de référence VIH

Burkina Faso's main hospital, Yalgado Ouédraogo hospital, has shut down key wards and evacuated patients after 1 September flooding
(Brahima Ouedraogo/IRIN)

Les récentes inondations ont provoqué la fermeture de l’hôpital principal du Burkina Faso, interrompant les dialyses, empêchant les diagnostics de VIH, et conduisant à la saturation des autres centres de santé, qui sont insuffisamment équipés pour prendre en charge les cas chirurgicaux, d’après le ministère de la Santé.



A ce jour, sept personnes auraient perdu la vie et plus de 100 000 habitants seraient sans abri à cause des tempêtes. La plupart des déplacés auraient trouvé refuge dans des dizaines de sites à travers la capitale, Ouagadougou.



Seydou Bouda, ministre de la Santé, a dit à IRIN le 7 septembre que les trois services de l’hôpital qui n’avaient pas été fermés – maternité, oto-rhino-laryngologie et ophtalmologie – ne prenaient en charge que les urgences.



« En temps normal, [l’hôpital] Yalgado [Ouédraogo] avait déjà besoin d’une réhabilitation lourde », a indiqué le ministre de la Santé. « Maintenant que cette situation est venue s’ajouter, la nécessité est encore plus impérieuse. »



M. Bouda a dit à IRIN que l’hôpital devait suspendre ses activités afin de reconstruire les locaux et remplacer le matériel. « La situation actuelle […] nécessite qu’on ne se précipite pas pour rouvrir comme si de rien n’avait été ». Lors du déluge du 1er septembre, un quart des précipitations annuelles habituelles s’est déversé sur la ville en quelques heures.



Soins du VIH



Les inondations ont détruit le matériel du laboratoire de référence VIH de l’hôpital, qui était utilisé à l’échelle nationale pour établir les diagnostics. Trois des cinq principaux laboratoires de référence capables d’effectuer des diagnostics avec un degré de précision élevé – non seulement pour le VIH, mais aussi pour d’autres maladies – ont été endommagés, a dit à IRIN Adama Traoré, Secrétaire général du ministère de la Santé.



« Actuellement, nous contactons les fabricants des appareils de numération des CD4 [utilisés dans le suivi biologique du VIH] de l’hôpital afin de leur demander comment réparer le matériel, ou quelles sont les solutions envisageables ».



D’après lui, il serait souhaitable que l’hôpital contacte les patients suivant un traitement antirétroviral, au cas où ces patients auraient perdu leurs médicaments dans la destruction de leur maison, mais la plupart des coordonnées des patients ont été perdues. « Si un patient se présentait à moi aujourd’hui, je ne pourrais rien savoir de son historique car nous n’avons plus aucun registre. Ils ont été emportés par les eaux. Les ordinateurs ont été endommagés, les dossiers papier détruits ».



En juin 2009, le pays comptait environ 10 000 patients sous traitements ARV, d’après le Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles, un organisme gouvernemental.



Le ministre de la Santé, M. Bouda, a indiqué à IRIN que le gouvernement avait sollicité une aide d’urgence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.



Dialyses



Lansande Bagagné, directeur général de l’hôpital, a dit à IRIN le 6 septembre que certains patients sous dialyse étaient dans un état critique, et avaient commencé à vomir au bout de plusieurs jours de traitement discontinu. « Nous avons réussi à faire fonctionner trois générateurs pour continuer à leur dispenser des soins ».



Au total, 50 patients sous dialyse ont dû interrompre leur traitement lorsque les appareils ont été détruits, a indiqué M. Traoré, du ministère de la Santé. « Nous ne savons plus quoi faire. Nous sommes désemparés. Aucune autre structure n’est suffisamment équipée pour les prendre en charge ».



M. Traoré a dit à IRIN que l’hôpital comptait sur les messages diffusés par la radio et la télévision pour orienter les patients vers d’autres centres de santé. « Nous nous efforçons de gérer la crise, et le système de santé s’est montré capable de réagir rapidement, mais nous n’avons pas encore terminé d’évaluer les pertes ».



D’après M. Traoré, si la majeure partie des stocks de médicaments financés par les dons – comprenant les traitements antipaludéens et les thérapies antirétrovirales destinées aux patients séropositifs – était conservée à l’abri à l’extérieur de l’hôpital, en revanche, tous les médicaments qui se trouvaient dans l’hôpital ont été détruits.



A la question de savoir quels étaient les plans d’action prévus pour les centres de santé en cas de nouvelles pluies, M. Traoré a déclaré : « A long terme, nous ne devrions pas construire des structures de santé dans des zones inondables. A court terme, nous conserverons les dossiers dans des locaux plus en hauteur et plus secs ».



bo/pt/il/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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