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Les réfugiés dans la crainte d'attaques « xénophobes »

A group of women and children from Rwanda
(Shawn Phillips/USAID)

L’Ouganda a déployé des forces de sécurité dans les districts occidentaux de Masaka, Sembabule et Lyatonde après des attaques xénophobes contre des réfugiés rwandais destinées à les inciter à quitter le pays, selon des dirigeants locaux.



D’après Haruna Numba, chef de la communauté rwandaise de la ville de Masaka, les réfugiés rwandais pastoralistes sont particulièrement vulnérables.



« Nous vivons dans la peur, nos fermes ont été détruites, notre bétail, abattu et nos maisons, brûlées ; ils veulent nous forcer à quitter l’Ouganda », a dit M. Numba à IRIN.



Selon des statistiques de la police, au moins 70 Rwandais auraient été poignardés ou saignés à mort depuis avril dans les districts de Masaka, Lyantonde et Rakai, où se sont installés la plupart des réfugiés rwandais après avoir fui le génocide de 1994.



M. Numba a indiqué que les attaquants visaient les Rwandais, qu’ils accusent de demeurer illégalement sur le territoire ougandais.



Ploy Namayi, porte-parole de la police ougandaise chargée de la région occidentale, a estimé que les attaques étaient le fait de « simples voyous » qui cherchaient à instiller la peur parmi les populations locales.



« Nous avons procédé à plusieurs arrestations et, selon nos enquêtes préliminaires, les responsables sont de simples voyous qui veulent faire peur et dissuader les gens de circuler la nuit », a-t-elle dit.



D’après la police, les meurtres présentent des caractéristiques similaires : des blessures par machette et couteau ont été observées sur tous les corps. Aucune des victimes ne présentait de blessures par balle.



Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, UNHCR, l’Ouganda accueille quelque 17 000 réfugiés répartis dans plusieurs sites. Au moins 3 000 d’entre eux se sont installés parmi les locaux, à l’extérieur des camps de réfugiés.



Stephen Mulera, un pastoraliste rwandais du sous-canton de Kyanamukaka, a raconté que l’ensemble de la communauté rwandaise vivait dans la peur à cause des attaques.



« Nous devons rentrer tôt le soir. Parfois, nous entendons les attaquants dans nos kraals [enclos], mais nous les ignorons », a-t-il dit.



Ils se sont également attaqué au bétail et ont abattu de nombreuses vaches.



M. Mulera a dit aimer vivre en Ouganda parce qu’il y avait beaucoup de pâturages et de prés pour ses animaux.



Arrestations



Selon Kale Kayihura, inspecteur général de la police ougandaise, des chefs de bande ont été arrêtés et les attaques ont diminué au cours de la semaine dernière.



Dans les districts touchés, la police a également favorisé la mise sur pied de groupes de surveillance composés de jeunes, afin de travailler de concert avec la police et contrôler l’insécurité.



« Nous sommes également en train d’établir de nouveaux postes de police dans ces régions afin de s’occuper de ces criminels. Les conflits en matière de terres et de propriétés viennent aggraver les attaques », a dit M. Kayihura à IRIN le 25 juillet.



Selon M. Numba, des prospectus avertissant les étrangers qu’ils feraient mieux de quitter le royaume du Buganda ont circulé début juillet dans le sous-canton de Kyanamukaka.



Malgré tout, M. Kayihura a estimé que les menaces étaient le fait de criminels et que les réfugiés constituaient simplement une cible facile.




Photo: UNHCR

Peu disposés à rentrer au Rwanda



Depuis 2005, l’UNHCR encourage les réfugiés rwandais à profiter de l’amélioration de la situation dans leur pays pour rentrer chez eux de plein gré. Malgré tout, quelque 17 000 d’entre eux vivent toujours en Ouganda.



Simon Mutachuka, chef du camp de Nakivale, dans l’ouest de l’Ouganda, où vit le plus grand nombre de réfugiés rwandais, a indiqué que seuls cinq d’entre eux avaient accepté d’être rapatriés en 2008.



En mai, le gouvernement ougandais a annoncé qu’il fermerait certains camps en juillet. Cette annonce a contraint des centaines de réfugiés à fuir les camps. Plusieurs réfugiés ont réussi à contrefaire des papiers d’identité ougandais pour éviter d’être rapatriés.



Selon des responsables des camps, les réfugiés rwandais ne veulent pas retourner dans leur pays pour diverses raisons, notamment la possession d’un casier judiciaire dans leur pays, la peur d’être poursuivi pour des crimes liés au génocide et la pression démographique au Rwanda.



nb/js/mw/gd/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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