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S’endetter pour se soigner

A fistula patient at the John F. Kennedy Hospital in Monrovia.
(Ansu Konneh/IRIN)

Dans les pays les plus pauvres du monde, une famille sur quatre emprunte de l’argent ou vend des biens pour pouvoir payer des soins de santé, d’après le dernier numéro de la revue médicale américaine Health Affairs.



Les auteurs ont calculé qu’entre 2002 et 2004, près de 26 pour cent des ménages – ce qui représente 3,6 milliards de personnes, bien souvent les populations les plus pauvres, qui ont une assurance maladie insuffisante ou n’en ont pas du tout – ont eu recours à des « solutions éprouvantes » pour financer leurs dépenses de santé.



Selon une étude indépendante datée de 2007 sur les systèmes d’assurance maladie dans le monde, dans les pays à bas revenus, les patients paient de leur poche 70 pour cent des frais de santé, contre moins de 15 pour cent dans les pays plus riches.



Différents pays d’Afrique subsaharienne ont essayé, à divers degrés, de suivre les recommandations des auteurs de l’étude, qui invitent les autorités à mettre en place des « mécanismes de prépaiement réduisant (ou, pour les plus pauvres, éliminant) les frais à payer au moment des soins, [afin d’] atténuer le risque économique que représentent pour les familles les dépenses de santé ».















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Liberia



Mary Dewh, 39 ans, mère de quatre enfants devenue veuve après la mort de son mari au cours de la guerre civile au Liberia, a expliqué à IRIN qu’elle couvrait seule les dépenses de santé de sa famille. « Quand mon fils a été hospitalisé il y a deux semaines à cause du paludisme, la facture était de 50 dollars et je n’avais pas assez d’argent pour le faire sortir de l’hôpital ». Elle a raconté qu’un voisin lui avait prêté de l’argent pour que son fils puisse rentrer à la maison.



En 2007, le Liberia a décidé de tester un système supprimant les frais pour les soins de base dans les centres de santé publics, mais Solomon Bah, médecin à Monrovia, la capitale, a dit à IRIN qu’il était maintenant difficile de trouver des soins gratuits dans les villes.



« [On trouve] quelques rares services gratuits dans les communautés rurales où les habitants n’ont pas les moyens de payer [des frais médicaux]. Mais ces services sont mis en place à petite échelle. En règle générale, les gens engagent leur propre responsabilité pour régler leurs factures médicales. Le gouvernement n’a pas assez d’argent pour offrir à tous des services médicaux gratuits », a expliqué M. Bah.



Le ministère de la Santé a entrepris une révision nationale du système de paiement des frais médicaux.









« Toutes les nuits, des patients supplient les gardiens de les laisser partir parce qu’ils ont peur de ne pas avoir assez d’argent pour payer leur séjour à l’hôpital »

Ghana



Depuis 2005, le gouvernement a mis en place un système national d’assurance maladie, auquel, fin 2008, 54 pour cent de la population avaient souscrit, d’après le gouvernement.



Une récente évaluation indépendante du système d’assurance a montré que 60 pour cent des personnes interrogées se plaignaient de retards dans la procédure d’inscription et de difficultés rencontrées pour acheter des médicaments à la pharmacie en bénéficiant de ce système, mais toutes s’accordaient à dire que les frais de santé avaient diminué.



Selon le gouvernement, en septembre 2006, seulement 22 pour cent des travailleurs du secteur informel avaient été inscrits ; ce secteur représente au Ghana 70 pour cent des actifs.



Le gouvernement a annoncé début 2009 une « restructuration » du système d’assurance, qui, d’après les estimations, coûte plus de 600 millions de dollars par an. Cette restructuration viserait à améliorer la gestion des réclamations, à augmenter l’offre de services médicaux pour les maladies contagieuses, à améliorer l’accès aux soins maternels gratuits et à « mieux répondre aux besoins de la population ».



Burkina Faso



Depuis 2005, le gouvernement du Burkina Faso couvre les frais médicaux des enfants de moins de cinq ans souffrant de formes sévères de paludisme, ce qui représente pour l’Etat une dépense de près d’un million de dollars par an, d’après Laurent Moyenga, qui dirige le programme national anti-paludisme du pays.



En outre, le pays a dépensé plus de quatre millions de dollars par an depuis 2006 pour offrir des soins aux femmes lors de la naissance de leurs enfants, ainsi qu’aux nourrissons durant la première semaine de leur existence, a indiqué Jeanne Nougtara, directrice des aides médicales aux familles au ministère de la Santé. « Nous ne pouvons pas couvrir toutes les maladies, et nous estimons que le risque de maladie mortelle est à son maximum pendant les sept premiers jours de la vie », a expliqué Mme Nougtara à IRIN.



Cependant, même avec cette aide, les patients sont toujours en situation précaire, a affirmé, sous couvert d’anonymat, un employé de l’hôpital Yalgado Ouédraogo, à Ouagadougou, la capitale. « Toutes les nuits, des patients supplient les gardiens de les laisser partir parce qu’ils ont peur de ne pas avoir assez d’argent pour payer leur séjour à l’hôpital ».



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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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