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La santé des déplacés, menacée à l’approche de la mousson

People continue to pour into cities from the conflict-affected areas of northwest Tariq Saeed/IRIN
Les organisations humanitaires s’inquiètent à l’idée qu’une nouvelle vague de personnes déplacées dans le nord-ouest du Pakistan ne mette les services de santé à trop rude épreuve, à l’heure où, à l’approche de la mousson, les risques sanitaires sont particulièrement importants.

La saison des moussons provoque généralement une forte recrudescence de la diarrhée et d’autres maladies.

« La possibilité d’un nouvel exode massif de personnes déplacées va certainement ajouter à la pression exercée sur les services de santé », a expliqué à IRIN Khalef Bile, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Pakistan, à Islamabad.

« A compter de la mi-juillet, nous allons manquer de médicaments essentiels. Nos réserves auront été considérablement réduites. Donc, nous sommes inquiets, et en plus, c’est bientôt la mousson, une période qui s’accompagne toujours d’une augmentation des épidémies », a indiqué M. Bile.

A ce jour, selon les estimations, deux millions de personnes ont été déplacées par les affrontements récents entre les forces du gouvernement et des militants, dans le nord-ouest. Les déplacés sont dispersés dans une vingtaine de camps officiels et pas moins de 2 000 camps de fortune, ou hébergés chez des parents – dans des habitations souvent très exiguës - dans différentes régions.

Selon le numéro 260 de Health Action in Crises Highlights (1-7 juin 2009), une publication de l’OMS, le nombre de cas signalés de diarrhée aqueuse aiguë est en hausse. Le manque d’eau potable et les systèmes d’hygiène et d’assainissement inadaptés restent problématiques.

« Selon les informations les plus récentes relatives à la morbidité, la semaine dernière, 16 pour cent des consultations médicales avaient trait à des cas de diarrhée aqueuse aiguë, contre seulement 13 pour cent une semaine plus tôt ?…? Si davantage de personnes déplacées vivent dans des habitations exiguës et que le secteur de l’eau et de l’assainissement est mis à plus rude épreuve, la situation risque de devenir problématique », d’après M. Bile.

« Il est certain que l’ensemble de ces problèmes nous incite à nous montrer plus vigilants, plus prudents ».

IDPs in camps are in many cases anxious to return to harvest crops and take care of homes
Photo: Tariq Saeed/IRIN
Le Pakistan compte une vingtaine de camps de PDIP officiels et jusque 2 000 camps de fortune
Le rapport de Save the Children

L’organisation non-gouvernementale (ONG) britannique Save the Children a publié dernièrement un rapport fondé sur une évaluation rapide des personnes déplacées accueillies par les communautés de Mardan et Swabi, deux divisions administratives de la province de la Frontière du Nord-Ouest (PFNO). Selon ce rapport, 79,2 pour cent des 314 foyers sondés ont déclaré avoir eu des problèmes de santé depuis leur déplacement, et plus de 50 pour cent des familles ont cité la diarrhée comme maladie la plus fréquente.

« L’évaluation a révélé un taux alarmant de maladies diarrhéiques et autres chez les familles de personnes déplacées. En outre, selon les conclusions de l’évaluation, plus de 20 pour cent des foyers de personnes déplacées n’ont pas accès aux soins de santé, bien qu’ils en perçoivent le besoin », selon le rapport de Save the Children.

Parallèlement, la cellule d’intervention d’urgence du Commissariat provincial aux secours de la PFNO a souligné, sur son site Internet, que les personnes déplacées des camps avaient besoin de plusieurs médicaments, notamment de sels de réhydratation orale, de solutions intraveineuses, de Septran, d’Amoxil, de paracétamol, de Flagyl, de produits contre les moustiques et de crèmes contre la gale. Les femmes enceintes ont également besoin de compléments en fer et en acide folique, ainsi que de compléments multivitaminés.

Selon William Spindler, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le service national pakistanais des informations a confirmé à ce jour l’inscription de près de 1,9 million de personnes déplacées (268 674 familles) dans le cadre d’un processus de vérification mené à l’heure actuelle pour identifier, par recoupement, les personnes ayant été inscrites précédemment au cours du processus accéléré initial.

at/cb/nh/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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