Le ministère tchadien de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont demandé au Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccin
antiméningococcique, un organisme de l’OMS, de leur fournir des vaccins contre la méningite à méningocoque W 135, une souche dangereuse, a rapporté à IRIN Nedardoum Apollos, épidémiologiste de l’OMS au Tchad.
« La dernière fois que nous avons observé des cas de W 135 au Tchad, c’était il y a une dizaine d’années », a déclaré à IRIN Ngombaye Djaïbé, nouveau ministre tchadien de la Santé. La présence de la souche W 135 est « très préoccupante », a-t-il ajouté. « Elle est extrêmement virulente et le vaccin est coûteux ».
Les autorités sanitaires et les travailleurs de la santé prévoient de commencer les vaccinations ces prochains jours ; un million de personnes seront vaccinées contre la souche W 135 et deux millions, contre la souche A, a indiqué M. Djaïbé.
Sur 12 sérogroupes de méningocoques identifiés, quatre - les Neisseria meningitidis A, B, C et W 135 - peuvent provoquer des épidémies, selon l’OMS.
M. Djaïbé a annoncé le 14 avril que le Tchad était touché par une épidémie de méningite. Les responsables du ministère de la Santé ont indiqué à IRIN qu’à ce jour, des cas d’infection avaient été signalés dans les régions de Chari Baguirmi, Mandoul et Tandjilé, et dans certaines zones de N’djamena, la capitale.
Pourtant moins élevé qu’il ne l’a été au cours de précédentes épidémies, au Tchad, le taux de mortalité, de 11,7 pour cent, n’en est pas moins supérieur aux taux de mortalité d’environ cinq pour cent, observés au Niger et au Nigeria, les deux pays qui comptent cette année le plus grand nombre de cas d’infections. Selon l’OMS, une épidémie a été efficacement contenue lorsque le taux de mortalité est inférieur à 10 pour cent.
D’après M. Djaïbé, le taux de létalité est moins élevé qu’au cours des précédentes épidémies déclarées au Tchad « en raison des traitements et des médicaments, que l’on trouve plus facilement partout, aujourd’hui, grâce à l’aide des organisations partenaires ».
« Nous n’avons reçu qu’un seul cas de méningite dans ce service, en janvier, puis neuf en février, dont un cas de décès », a déclaré à IRIN Fatimé Djibrine, qui travaille au service de pédiatrie de l’hôpital de la Liberté, à N’djamena. Elle recommande aux malades de se précipiter au centre de santé le plus proche pour recevoir un traitement antibiotique dès les premiers signes de la maladie, notamment, une raideur de la nuque, une forte fièvre, des maux de tête et une sensibilité à la lumière.
La méningite, qui attaque le cerveau et la moelle épinière, se transmet par les sécrétions du rhino-pharinx, selon l’OMS. Cette maladie est endémique dans la région du Sahel, du Sénégal, à l’ouest, jusqu’à l’Ethiopie, à l’est.
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