Des travailleurs de la santé, victimes d’un cas d’ignorance dramatique

(Louise Sherwood/PlusNews)

La Croix-Rouge mozambicaine n’offre plus de services sanitaires dans la province de Nampula, dans le nord, depuis le meurtre de deux bénévoles, commis par des membres de la communauté locale convaincus qu’ils propageaient délibérément le choléra.



« A Nampula, le [taux de prévalence du choléra] et le taux de mortalité associé à cette maladie sont parmi les plus élevés, et notre stratégie de traitement et de prévention consiste à purifier les puits et les trous de forage contaminés », a expliqué à IRIN Fernanda Teixeira, secrétaire générale de la société nationale.



« Lorsqu’une des victimes de choléra du village de Quinga est morte peu après la décontamination d’un puits au chlore, ses proches au sein de la communauté locale étaient furieux. Ils en ont tout de suite conclu que la Croix-Rouge propageait le choléra dans les puits, alors qu’en fait, ils y mettaient du chlore », a rapporté Mme Teixeira.



Les deux travailleurs de la Croix-Rouge ont été tués le 26 février, dans la région de Mogincual (Nampula), une des plus pauvres du pays. Une semaine plus tard, la panique semée par le choléra se propageait dans les régions voisines d’Angoche et de Moma, et deux policiers étaient tués par la foule qui s’attaquait aux dispensaires. Sept bénévoles de la Croix-Rouge ont été hospitalisés.



« L’équipe de bénévoles qui mène nos activités dans des villages comme Quinga est composée d’habitants de la région qui ont passé presque toute leur vie dans ces villages. Ils sont connus dans les communautés dans lesquelles ils travaillent », a expliqué Mme Teixeira.



« Depuis que les émeutes du choléra ont éclaté il y a deux semaines, nous avons été contraints de cesser toutes nos activités sanitaires à Nampula, jusqu’à ce que la situation revienne à la normale ».



Manque de communication



Selon Leonardo Antonio Chavane, directeur national adjoint du ministère de la Santé, ces violences ont éclaté pour trois raisons : « Premièrement, un manque d’information et de connaissance ; deuxièmement, une mauvaise compréhension, par la communauté, des messages sanitaires communiqués par les autorités publiques ; et troisièmement, peut-être... des facteurs politiques ».



Selon M. Chavane, la difficulté consiste à mieux véhiculer les messages sanitaires. « Cela nous dit que nous devons prendre contact, en priorité, avec les dirigeants locaux. Ce sont les interlocuteurs les plus importants en termes de prise de décisions à l’échelle locale. Si les autorités publiques, les travailleurs de la santé comme ceux de la Croix-Rouge, et les leaders des communautés locales se réunissent, nous réussirons à faire passer nos messages ».



Entre le début du mois de janvier et le 10 mars, 11 883 cas de cholera et 112 décès ont été recensés au Mozambique, à l’échelle nationale. En tout, au cours de l’année 2008, 14 000 cas et 128 décès avaient été recensés, d’après M. Chavane. Les provinces pauvres du nord, où le climat est plus humide, sont généralement plus touchées que le sud, plus développé.



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