Une affection du foie et de l’estomac, causée, de l’avis général, par de la farine de blé contaminée, a atteint 130 personnes et fait au moins 10 morts dans l’ouest de l’Afghanistan, selon le ministère afghan de la Santé publique (MSP).
D’après les autorités sanitaires publiques de la province d’Herat, dans l’ouest du pays, cette maladie pourrait avoir été causée par une herbe toxique, connue, en Afghanistan, sous le nom de « charmak », et qui pousse au milieu des blés et risque d’avoir été mêlée et moulue par erreur avec le blé récolté dans la région. Le charmak contiendrait des alcalis, une substance qui affecte le foie.
« Sur 10 cas de décès, quatre concernaient des enfants de moins de 12 ans, deux concernaient des femmes et quatre, des hommes âgés », a indiqué Goulam Saïd Rachid, directeur des services de santé de la province d’Herat.
« Nous avons envoyé des échantillons de farine de blé hors du pays pour les soumettre à des tests techniques et savoir si la farine avait été contaminée par des substances toxiques », a expliqué Abdullah Fahim, porte-parole du MSP, ajoutant qu’une équipe d’épidémiologistes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), basée à Genève, avait été invitée à évaluer la situation.
Les autorités ont aussi temporairement interdit la circulation de farine de blé et autres céréales du district de Gulran, à Herat, où l’épidémie s’est déclarée, aux autres régions de la province.
Manque de traitement
« Les gens ont peur et sont très inquiets pour leur santé et leur sécurité »
Les médecins n’ayant pas pu diagnostiquer la maladie à ce jour, ils n’ont fourni aux patients que des antibiotiques et des analgésiques, a déclaré à IRIN Aziz Nourzaï, qui dirige l’hôpital de Gulran, d’une capacité de 20 lits.
« Les gens ont peur et sont très inquiets pour leur santé et leur sécurité », a ajouté M. Nourzaï.
À en croire les spécialistes de la santé de Kaboul, la maladie n’est toutefois pas contagieuse et le ministère de la Santé a assuré que des médicaments adaptés seraient bientôt mis à la disposition des patients, une fois que la maladie serait diagnostiquée.
Dix patients, dont des femmes et des enfants, ont été conduits jusqu’à la capitale le 20 avril pour y être hospitalisés et y suivre un traitement prolongé, selon le MSP.
Avec plus de 130 cas confirmés, les autorités sanitaires locales s’inquiètent à l’idée que la maladie pourrait avoir fait bien d’autres victimes au sein des populations rurales qui n’ont pas facilement accès aux services de santé.
Intervention humanitaire
Devant les préoccupations sanitaires générales, de nombreuses familles d’Herat ont arrêté de consommer la farine de blé produite localement et exigent une aide alimentaire, a indiqué Goulam Farouk Majroh, l’administrateur du district de Gulran, lors d’un entretien téléphonique accordé à IRIN.
La Société du Croissant-Rouge afghan ainsi qu’une équipe de reconstruction provinciale dirigée par l’Italie auraient déjà distribué plusieurs tonnes de vivres aux familles vulnérables d’Herat. Selon les autorités de la province, d’autres secours ont été sollicités auprès des agences des Nations Unies.
À Herat, des dizaines de personnes auraient succombé des suites d’une maladie semblable dans les années 1970 et il avait fallu plusieurs mois au pays pour endiguer cette épidémie nationale. Une maladie semblable a également été signalée en novembre 2007 : à l’époque, deux enfants seraient décédés des suites de problèmes hépatiques et d’un gonflement grave de l’estomac.
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