Doté d’un budget de 131 millions de dollars américains, le Fonds d’assurance maladie (IHF) a été créé début 2006 par le ministère néerlandais de la Coopération pour le développement et devrait permettre à des milliers de travailleurs africains du secteur informel – paysans, commerçantes et étudiants – de bénéficier d’une assurance-santé collective.
Le Nigeria est le premier pays africain où ce programme a été appliqué. Un groupe de mécaniciennes-auto de Lagos, la capitale commerciale, et une communauté de paysans de l’Etat de Kwara en seront les premiers bénéficiaires, certains paysans ayant déjà passé le contrôle médical, a indiqué Jan van Esch de Pharmaccess, la fondation néerlandaise chargée de la mise en œuvre du projet.
Une bonne partie des fonds – 33 millions de dollars, sur cinq ans – sera versée à l’assureur privé Hygeia, l’un des plus grands groupes nigérians de gestion intégrée de soins de santé. Plusieurs grandes sociétés et multinationales, comme Shell, y ont assuré leur personnel et Hygeia a également signé des conventions avec un réseau de près de 200 hôpitaux privés et publics.
Les subventions versées aux pays africains pour les programmes de soins de santé sont généralement gérées par les ministères de la Santé et les hôpitaux. Mais comme le pensent certains économistes, les systèmes de santé en Afrique ne s’amélioreront que si le secteur privé, plus efficace, participe à leur gestion.
Avec son nouveau projet, Pharmaccess espère familiariser les Nigérians au concept de l’assurance maladie et améliorer la qualité des soins, a indiqué M. Van Esch.
« La nouveauté dans ce projet est qu’il répond à une demande », a-t-il expliqué. « Un client qui n’est pas satisfait des soins qui lui sont prodigués peut aller se faire soigner dans un autre hôpital ».
Si le projet aboutit et si le nombre d’assurés est conséquent, il sera possible d’augmenter progressivement le montant de la prime d’assurance de manière à ce que le programme d’assurance puisse se poursuivre sans l’apport de subventions étrangères, a-t-il ajouté.
La police d’assurance des mécaniciennes de Lagos a été subventionnée à 90 pour cent. Chaque assurée ne paie qu’une prime annuelle de 6 dollars, ce qui leur permet de bénéficier d’une couverture médicale de base incluant la prise en charge du traitement de l’infection au VIH/SIDA, du paludisme et du glaucome, pour un coût inférieur à celui d’une consultation chez un médecin ou d’un médicament.
Pour le groupe de paysans, la prime annuelle est même inférieure à 2 dollars et a été subventionnée à près de 95 pour cent.
Une fois le projet lancé, il sera possible d’adapter les contrats d’assurance à la demande des souscripteurs, a fait remarquer M. Van Esch.
L’IHF a été créé à l’issue d’une réunion entre des multinationales et des ministres du gouvernement des Pays-Bas qui cherchaient à définir une stratégie commune de lutte contre la pauvreté en Afrique.
Le ministère néerlandais de la Coopération pour le développement envisage, dès l’année prochaine, d’étendre l’IHF à au moins trois autres pays africains.
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