Sur 90 pour cent des bulletins de vote dépouillés dans le pays de forêts denses, Weah mène la course avec 28,8 pour cent des votes exprimés. Il est suivi par Sirleaf, qui recueille 20 pour cent des voix.
Aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue, un second tour aura donc lieu dans ce pays qui porte les séquelles de la guerre civile.
« Compte-tenu des résultats obtenus par les candidats, la commission électorale estime prudent de commencer les préparations pour le second tour des élections », a déclaré lundi soir à la presse Frances Johnson-Morris, la présidente de la commission électorale nationale.
« Le second tour des élections aura lieu le 8 novembre », a-t-elle ajouté.
Une semaine après avoir déposé leur bulletin dans les urnes, les résidents de Monrovia, la capitale libérienne, ont l’oreille rivée à leur poste de radio et se plaignent de la lenteur avec laquelle parviennent les résultats définitifs.
Johnson-Morris a déclaré qu’elle avait été menacée de mort au cas où elle falsifierait les résultats par un texte envoyé sur son téléphone portable.
Depuis l’annonce des résultats partiels, les manœuvres politiques vont bon train.
« Nous nous préparons en vue du second tour », a déclaré à IRIN lundi Rudolph Johnson, qui brigue la vice-présidence aux côtés de Weah.
Les deux candidats encore en lice essaient de s’assurer le soutien des 20 autres candidats qui ont disputé le premier tour des élections de mardi dernier.
Le mieux placé d’entre eux est l’ex sénateur Charles Brumskine, qui est actuellement crédité de 13,9 pour cent des voix. Il est suivi par Winston Tubman, qui a brièvement fait carrière aux Nations unies, avec 9,4 pour cent des voix.
Les négociations vont bon train
« Nous discutons avec la plupart des candidats et leur proposons ce qui est bon pour le Liberia », a déclaré entre deux réunions John Bestman, le directeur de campagne de Sirleaf. « Nous sommes confiants ».
Cole Bangalu, le président du parti de Weah, s’est lui aussi montré optimiste.
« Nous avons engagé le dialogue avec les autres partis pour voir comment conjuguer nos forces. Nous obtenons une réponse très positive. Nous pensons très largement remporter le second tour», a-t-il dit.
Les Libériens espèrent que le scrutin scellera la paix et la stabilité dans ce pays d’Afrique de l’Ouest déchiré par une guerre civile brutale entre 1989 et 2003, qui a causé plus de 300 000 morts et forcé des centaines de milliers d’autres à fuir.
Le second tour mettra aux prises George Weah, le roi du ballon rond dépourvu d’expérience politique, au vétéran de l’opposition Sirleaf, dénommée la dame de fer en raison de son approche pragmatique.
A 66 ans Sirleaf, qui est diplômée de la prestigieuse université américaine de Harvard, a fait carrière notamment à la Banque Mondiale et aux Nations unies. Selon elle, seule une personne d’expérience pourra relancer l’économie de ce pays dévasté et faire de ce pays aux abondantes ressources naturelles la fierté de l’Afrique.
Weah, qui a grandi dans les bidonvilles libériens, s’est illustré dans le football en jouant pour les meilleurs clubs européens. Cet homme de 39 ans affirme comprendre les jeunes et les exclus. Il estime que son manque d’expérience politique est un atout puisqu’il signifie qu’il a les mains propres.
Tandis que les partis politiques sont à l’heure des négociations à huis clos, de nombreux Libériens estiment que les hommes politiques n’ont à cœur que leurs intérêts.
« Les hommes politiques auraient dû s’allier avant le premier tour des élections, mais ils sont cupides », a déclaré Varney Lake, un jeune commerçant de 32 ans.
« Personne n’a voulu se désister, ils voulaient tous devenir président, et on a dû choisir entre 22 personnes! Maintenant on est obligés de repartir aux urnes ».
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