Les élections attendues depuis longtemps dans cet état ouest africain ravagé par la guerre risquaient d’être reportées après que la cour suprême ait décidé, la semaine dernière, que les trois hommes dont les candidatures avaient été injustement invalidées pouvaient se présenter et que de nouveaux bulletins de vote incluant leurs noms devaient être imprimés.
Mais le médiateur principal du processus de paix libérien Abdulsalami Abubakar s’est rendu en urgence à Monrovia pour organiser des pourparlers visant à maintenir le chronogramme des élections. En l’espace de quelques heures, un accord était conclu.
« Les élections suivent leur cours », a t-il déclaré à la presse, mercredi, en présence des trois candidats. « Ces hommes ont à cœur l’intérêt des hommes et des femmes de leur patrie ».
Plus tôt dans la journée, Marcus Jones, l’un des candidats, avait formellement exclu de retirer sa demande, en dépit d’une rencontre à Abuja avec des diplomates décidés à lui faire changer d’avis.
Quelques heures plus tard, entouré de médiateurs ouest africains, M. Jones, le visage impassible, a fait volte face.
« Les candidats indépendants s’effacent aujourd’hui… dans l’intérêt de la paix et de la justice », a-t-il dit.
« Aux masses souffrant dans ce pays, nous voulons dire que le processus doit continuer, mais qu’on ne nous blâme pas pour les conséquences », a t-il ajouté.
Si les trois hommes ne s’étaient pas effacés, les élections auraient été reportées à une date ultérieure, le temps d’imprimer de nouveaux bulletins de vote à l’étranger, de les acheminer au Liberia par voie maritime et de les redistribuer à travers ce pays de forêt tropicale sont les routes sont difficilement accessibles en saison des pluies, ont indiqué les membres de la Commission de vote.
Interrogé au sujet d’éventuelles compensations financières offertes aux candidats pour qu’ils se retirent de la course électorale, M. Abubakar a répliqué : « Ils ont accepté de se retirer de manière honorable. Tout autre détail ne peut être communiqué ici ».
A seulement cinq jours des élections présidentielles et législatives, les observateurs internationaux ont commencé à arriver au Liberia, les unités policières locales ont commencé à se déployer dans les zones éloignées, et les bulletins de vote sont sur le chemin des bureaux de vote par voies aérienne, maritime et routière.
Les affiches électorales recouvrent les murs des bâtiments en ruines de Monrovia, dissimulant les impacts des balles, et des camionnettes déversent des slogans dans les rues à travers des hauts parleurs délabrés.
22 candidats sont en lice pour la magistrature suprême, au nombre desquels l’ancienne économiste de la Banque mondiale Ellen Johnson-Sirleaf; George Weah, la star du football reconverti à la politique, et les célèbres avocats Varney Sherman et Charles Brumskine.
Tout le pays vit à l’heure d’élections attendues depuis les accords de paix de 2003 qui ont mis fin à 14 ans de guerre civile qui ont vu la mort de centaines de milliers de personnes et la destruction des infrastructures du pays.
« Nous voulons quelqu’un qui peut nous amener l’électricité et l’eau, qui peut réparer nos routes et nous fournir des emplois et de la nourriture », a déclaré Beatrice Sebo, une jolie commerçante se plaignant du ralentissement de son activité. « Nous avons souffert longtemps et beaucoup, mais avec un peu de chance, ça changera bientôt ».
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