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Reprise des pourparlers de paix à Abuja

[Sudan] Rebel forces preparing to respond to government attacks. Phil Cox/Native Voice films
Un membre d’un mouvement rebelle se prépare pour une attaque (photo d’archives) : cinquante personnes auraient été tuées au cours d’attaques contre des villages du sud-ouest du Soudan, près de la frontière congolaise
Les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et les rebelles de la région du Darfour ont repris lundi dans la capitale nigériane Abuja, quatre jours après la date initialement prévue, sans que les positions des parties en conflit n’aient vraiment évolué.

Les rebelles de l’Armée soudanaise de libération (SLA) et leur allié, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), soutiennent toujours que les problèmes de sécurité doivent être réglés avant la signature d’un protocole relatif à l’aide humanitaire.

Le principe du protocole avait été accepté par les deux parties en conflit fin août et début septembre lors des précédents pourparlers de paix d’Abuja, mais les rebelles ont jusqu'à présent refusé de le signer.

Ils exigent le désarmement immédiat de la milice Djanjawid pro-gouvernementale dont les membres sont originaires de tribus nomades arabes. La milice Janjawid est accusée d’avoir perpétué des atrocités contre les populations civiles noires du Darfour, actes qualifiés par les Etats-Unis de génocide.

Le gouvernement de Khartoum réclame pour sa part le désarmement préalable des rebelles.

Les médiateurs de l’Union africaine (UA) pensent que la signature d’un accord humanitaire permettra d’apporter une aide internationale massive au Darfour, une région semi-aride de superficie égale à celle de la France, et d'ainsi faire face à ce que les Nations unies considèrent comme la plus grave crise humanitaire au monde.

Les Nations unies ont signalé, la semaine dernière, que le nombre de personnes ayant besoin d'assistance humanitaire avait augmenté de 10 pour cent au mois de septembre, et représentait désormais le tiers des 6 millions de personnes vivant au Darfour.

Selon les estimations des Nations unies, 1,6 millions de personnes se sont déplacées à l'intérieur du Darfour et 400 000 autres victimes du conflit sont demeurées chez elles.

L’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a averti que, si la situation au Darfour ne se stabilise pas rapidement, des dizaines de milliers de réfugiés supplémentaires rejoindront la zone semi-désertique de l'est du Tchad où quelque 200 000 personnes sont déjà accueillies dans des camps de réfugiés.

Hormis les personnes tuées au cours des combats, on estime à 70 000 le nombre de personnes mortes de faim et de maladie pendant les deux années de conflit.

Les pourparlers de paix d’Abuja auraient dû reprendre jeudi dernier, mais ils ont été reportés au lundi en raison de l’arrivée tardive de certaines délégations de rebelles à Abuja.

«Pour l’instant, nous engageons des discussions préliminaires avec les deux parties afin d’établir l’ordre du jour de la réunion,» a indiqué à IRIN un représentant de l’UA. «Si nous parvenons à trouver un terrain d'entente, alors les pourparlers se dérouleront bien,» a t-il ajouté.

Avec l’arrivée de la saison sèche, certains diplomates craignent une reprise des combats dans le Darfour, malgré l’accord de cessez-le-feu signé en avril, mais pas respecté par les parties en conflit.

L’émergence récente au Darfour de deux nouveaux groupes de rebelles non représentés aux pourparlers d’Abuja fait craindre que les délégations de rebelles présentes à la conférence de paix ne soient pas en mesure de négocier un accord qui sera réellement respecté.

Les Nations unies ont exigé des autorités soudanaises qu’elles contrôlent plus étroitement la milice Djanjawid, accusant cette milice arabe, qui se déplace à cheval ou à dos de chameau, de commettre des atrocités contre des civils innocents.

Mais l’ONU n’est pas allée jusqu’à accuser la milice Janjawid et les autorités de Khartoum de génocide.

La semaine dernière, l’UA a accepté de renforcer sa mission de 150 observateurs chargés de la surveillance du cessez-le-feu au Darfour et appuyée par une force de protection de 300 hommes. L'organisation prévoit, à cet effet, de déployer une force militaire élargie de plus de 3 000 hommes dont le mandat sera d’assurer la protection des opérations humanitaires et de prévenir toute attaque de groupes armés contre les populations civiles.

Javier Solana, le Haut représentant pour la politique étrangère de l’Union européenne, a indiqué samedi, lors d’une visite au siège de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, que l’Union européenne et ses états membres vont offrir plus de 100 millions de dollars américains sur les 221 millions de dollars prévus pour le déploiement de cette force militaire élargie.

Said Djinnit, le commissaire de l‘UA pour la paix et la sécurité a confié lundi à Reuters que le premier contingent des troupes nigérianes et rwandaises arrivera au Darfour en fin de semaine.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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