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Les compagnies pétrolières offrent $500 millions US pour l’exploration maritime

[Sao Tome & Principe] The Sao Tome/Nigeria joint development zone.
IRIN
The Sao Tome/Nigeria joint development zone.
Les compagnies pétrolières américaines et nigérianes ont fait des enchères de $500 millions de dollars US, pour avoir l'autorisation d'explorer les eaux profondes du Golf de Guinée, communes au Nigeria et à la petite île-Etat de Sao Tome et Principe, a signalé mardi Anthony Goldman, un analyste pétrolier du centre de recherche de Clearwater Research à Londres.

Cette proposition a dépassé les espérances des deux Etats et signifierait une aubaine d'environ $200 millions de dollars US pour Sao Tome dans la première partie de 2004, a-t-il signifié par téléphone à IRIN.

"Sao Tome a retiré $3.9 millions de dollars US de ses exportations l'année dernière. Cela équivaut aux revenus de 50 années d'exportations en un an. Ce n'est pas mal," a admis M. Goldman, qui avait échangé avec le conseiller en matière de pétrole du Président Fradique de Menezes de Sao Tome, suite à la clôture des enchères lundi.

"Cela ne changera pas le monde, mais le monde de Sao Tome, lui, changera," a-t-il ajouté. "Cela présage une transformation, même s'ils n'obtiennent rien d'autre... Je pense que cela signifie beaucoup tout de même."

L'ancienne colonie portugaise qui compte 170,000 personnes a, jusqu'à présent, vécu tant bien que mal de la culture du cacao et de la vente d'autorisations de pêche dans les eaux profondes de son littoral. Son revenu par tête d'habitant de $280 dollars US par an fait de Sao Tome, l'un des pays le plus pauvre d'Afrique. Cependant ce filon de pétrole pourrait rapidement transformer le pays dans les prochaines dix années. En effet, huit ans après son premier forage pétrolier, la Guinée Equatoriale voisine a atteint un revenu per capita de plus de $4,400 dollars US.

M. Goldman a indiqué que la compagnie ChevronTexaco avait émergé du lot en tant que principal prospect à Sao Tome, offrant un dividende $123 millions de dollars US pour l'exploitation d’un gisement âprement disputé. Cette portion se situe juste au-delà des limites territoriales du Nigeria et contient des eaux d'une profondeur variant de 1,000 à 2,000 mètres.

M. Goldman et des sources de l'industrie du pétrole au Nigeria ont déclaré que, la compagnie ChevronTexaco s'était arrangée pour battre en brèche une enchère de $120 millions de dollars pour le gisement 1, proposés par le Consortium Pétrolier du Nigeria, et 10 autres groupes pour la même superficie.

ECL International, une compagnie anglo-australienne de services pétroliers, avait dans l'intervalle, offert un dividende de $100 millions de dollars pour le gisement 4, l'autre portion la plus convoitée, a notifié M. Goldman. Cette offre bat celle de sept autres concurrents.

Le Nigeria et l'île de Sao Tome avaient demandé un minimum de $30 millions de dividende pour chacun des 9 gisements qu'ils ont mis d’un commun accord sur le marché du pétrole en avril.

Sam Dimka, le porte-parole de l'Autorité Commune de Développement mis en place par les deux pays pour administrer leurs gisements communs des eaux du littoral, a indiqué que 33 propositions ont été reçues en provenance de 20 compagnies pour 8 gisements d'exploitations sur 9.

Il a refusé de révéler les gratifications offertes, mais des sources industrielles ont déclaré que la plupart se situent entre $35 et $60 millions de dollars US.

M. Goldman a précisé que si on mettait ensemble toutes les grandes enchères suscitées autour de chaque gisement, le total tournerait autour $540 millions de dollars US - plus du double du minimum de $210 millions US requis.

Toutefois, il a signalé qu'une question demeurait concernant la capacité des offrants nigérians, les moins connus, à payer les montants souscris. Plusieurs d'entre elles étaient des compagnies de propriétés spéculatives qui, habituellement, essayaient de vendre au prix fort les gisements qu'elles enchérissaient, à une véritable compagnie pétrolière .

M. Goldman a révélé que ces compagnies de pétrole n’entreprenaient pas de plein droit l'exploitation et le développement des gisements, bien qu'il ait noté une enchère soumise par un subsidiaire de la Corporation Nationale de Pétrole Nigérian, une compagnie d'Etat .

Sous les termes du traité de 2001, le Nigeria et l'île de Sao Tome ont établi un développement conjoint de leur zone commune où se chevauche leur littoral. Le Nigeria, qui est déjà le plus grand producteur de pétrole en Afrique, avec un rendement de deux millions de barils par jour, recevra 60 % de tous les revenus échus du gaz et du pétrole, pendant que Sao Tome bénéficiera de 40 %.

L’Autorité Commune de Développement (JDA) agréée par les deux pays, espère choisir les enchères gagnantes d'ici la fin du mois de décembre. Trois à six mois de négociations seront nécessaires, pour la répartition de la production avec chacun des enchérisseurs retenus.

C'est seulement après la signature de ces accords - probablement entre mars et juin 2004 – qu’il y aura la remise des contrats de dividendes.

Cependant M. Dimka a avancé que le processus pourrait aller plus vite. " Les prospects sont très bons et remplissent les conditions du JDA," a-t-il déclaré à IRIN. "A partir de toutes ces indications, nous espérons entamer l'exploitation dans le premier trimestre de l'année prochaine."

M. Goldman a estimé qu'étant donné l'extrême profondeur de l'eau - 1,000 à 3,000 mètres - il faudrait probablement 4 à 5 ans avant de commencer la production commerciale.

Des données sismiques existantes supposent que le contenu de la Zone Commune de Développement s'évalue entre 3 et 8 milliards de barils de pétrole en réserve, a-t-il ajouté.

L'analyste a avancé que les seules compagnies régulières de pétrole, avec un palmarès confirmé dans l'exploitation et la production à postuler sont : ChevronTexaco, Anadarko, une compagnie américaine avec de grands intérêts en Algérie, et Statoil, la compagnie d'Etat norvégienne de pétrole. Toutefois, Anadarko et Statoil ont toutes les deux fait de la surenchère pour la superficie qu'elles convoitent.

M. Goldman a également indiqué que ExxonMobil, la plus grande compagnie pétrolière au monde, avait des droits de préemption lui permettant d'acheter des actions jusqu'à 40 % de 3 des 9 gisements, si les prix offerts étaient les mêmes que ceux proposés par les autres soumissionnaires.

Le service de nouvelles en ligne de Sao Tome, Vitrina, a rapporté le discours du Président Fradique de Menezes prononcé lundi, affirmant que le gouvernement était aussi bien conscient des dangers que des profits que pourrait générer le boom pétrolier.

"Nous serons ouverts et transparents dans la gestion des affaires pétrolières, et nous mettrons en application un plan de contrôle des revenus, qui prendra en compte les objectifs de développement du millénium des Nations-Unies," a déclaré M. Menezes.

Le Président avait été brièvement évincé du pouvoir par un coup d'état militaire en juillet, puis réinstallé une semaine plus tard, sous l'impulsion du Nigeria et d'autres pays africains. M. Menezes avait promis de lutter contre la corruption et de garantir une administration prudente de la richesse pétrolière de Sao Tome.

"Nous mettrons en application la meilleure pratique développée par d'autres pays, et même essaierons d'aller plus loin pour s'assurer que les revenus du pétrole servent à la population de Sao Tome et Principe, pour maintenant et pour les générations futures," a-t-il expliqué lundi.





This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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