Des centaines de milliers de réfugiés burundais s'apprêtent en effet à retourner chez eux, à la suite de l'accord de partage du pouvoir signé mercredi entre le gouvernement et le principal groupe rebelle dans le pays, la faction du Conseil national pour la défense de la démocratie-Force pour la défense de la démocratie dirigée par Pierre Nkurunziza.
"S'ils n'en font pas leur priorité, [les problèmes fonciers] risquent de déstabiliser la transition le jour où un accord définitif de cessez-le-feu sera signé," a expliqué ICG.
L'arrêt définitif des combats va, en effet, provoquer le retour des réfugiés burundais alors que le pays n'est pas préparé à les recevoir, a expliqué ICG.
Entre autres recommandations, ICG a incité le gouvernement burundais à réviser immédiatement son code foncier pour l'harmoniser aux lois foncières existantes et "assurer que le droit de propriété des femmes est explicite".
L'ONG a encore conseillé au gouvernement de suspendre toutes les cessions de propriété et de révoquer toutes les répartitions foncières opérées depuis de début du processus transitionnel, en novembre 2001.
Dans le même temps, ICG a incité la Commission nationale pour la réhabilitation des victimes (CNRV) à créer rapidement une sous commission chargée des problèmes fonciers, avec une représentation des rebelles.
Le gouvernement et la CNRV, a poursuivi ICG, doivent également rétablir les "Bashingantahe" - les anciens comités opérant au niveau des villages - "pour que chaque colline dispose d'un comité chargé de la réinstallation des réfugiés et des déplacés internes".
Notant la présence d'au moins 800.000 réfugiés burundais en Tanzanie et de 281 déplacés à l'intérieur du Burundi, ICG a recommandé la création d'un fonds pour financer le rétablissement des "Bashigantahe" et la création de tribunaux fonciers dans chaque province. Le fonds devra également permettre la réparation et la compensation des familles expropriées.
ICG a demandé au bailleur de fonds de financer cette commission de manière à garantir l'indépendance de ses membres par rapport au gouvernement.
La commission, a encore avancé ICG, doit entrer en contact l'avec l'Eglise catholique romaine au sujet de la répartition de ses terres non utilisées, en vue de la réinstallation des réfugiés et des déplacés.
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