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La CEDEAO et le MODEL demandent au LURD de cesser les hostilités

Les médiateurs des pourparlers inter-libériens de paix ont appelé lundi les rebelles qui tentent d'occuper la capitale Monrovia de cesser immédiatement les hostilités pour qu'un accord de paix puisse être signé et que des soldats ouest-africains de maintien de la paix soient déployés dans le pays.

Le général Abdulsalami Abubabakar, qui préside aux efforts de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) tendant à mettre fin à quatorze ans de guerre civile au Liberia, a souligné qu'une solution politique négociée est l'unique moyen de mettre un point final au conflit.

"La CEDEAO et la communauté internationale ne toléreront pas un pouvoir obtenu ou maintenu par des moyens inconstitutionnels. Je rappelle aux belligérants que le dialogue reste la seul voie pour garantir une paix permanente au Liberia ", a affirmé l'ex-chef d'Etat nigérian à la presse dans la capitale ghanéenne, Accra.

Il a dénoncé l'offensive actuelle contre Monrovia menée par les combattants du groupe Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), un des deux mouvements rebelles luttant pour renverser le président Charles Taylor, comme étant "une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu du 17 juin ".

Le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL), le deuxième groupe rebelle se battant contre M. Taylor, a également exhorté le LURD à arrêter son assaut contre Monrovia, où des combats acharnés se déroulent au cœur de la ville.

Mais Charles Bennie, un représentant du LURD aux pourparlers inter-libériens de paix à Accra, a indiqué que son mouvement ne cessera pas les combats " jusqu'à ce qu'on dise aux forces du [président Charles] Taylor d'arrêter de nous tirer dessus ".

"Il est difficile de dire à nos hommes d'arrêter de se battre alors que les hommes de Taylor continuent à nous attaquer ", a-t-il déclaré à IRIN. " Nous avions deux choix - nous défendre soit en nous retirant soit en avançant. Nous avons choisi d'avancer. En tout cas, nous avions commencé la guerre pour destituer Taylor, et la pression monte contre lui ".

L'accord de cessez-le-feu du 17 juin préconise que les parties représentées aux pourparlers de paix d'Accra négocient la création, dans les trente jours, d'un gouvernement de transition qui excluerait M.Taylor. Il prévoit également l'envoi au Liberia d'une force multinationale de maintien de la paix pour faire appliquer la trêve.

Or depuis cet accord, le LURD a monté deux nouvelles offensives contre Monrovia, M.Taylor est resté au pouvoir, les pourparlers d'Accra n'ont pu aboutir, dans le délai imparti, à un projet de document orientant le Liberia vers une nouvelle ère de paix et de démocratie, et les propositions visant à dépêcher une force ouest-africaine de maintien de la paix sont restées au stade de projet.

M. Abubakar a souligné qu'il était crucial de cesser les combats pour favoriser la réussite des pourparlers de paix d'Accra, où le gouvernement et les rebelles libériens étaient sur le point de signer un accord de paix global. Les responsables de la CEDEAO espèraient qu'un accord serait conclu au début de cette semaine.

Le MODEL a indiqué que bien que la riposte du LURD contre les attaques de ses positions par le gouvernement soit justifiée, il faudrait néanmoins qu'il cesse immédiatement toutes les hostilités.

"Je ne condamne pas le LURD. M. Taylor les a provoqués en attaquant leurs positions et ils ont tout à fait le droit de riposter ", a estimé devant la presse à Accra le général Boi Bleaju Boi, commandant militaire du MODEL. " Mais à présent, nous leur demandons de reconnaître les sentiments de souffrances des Libériens et de cesser les hostilités maintenant ".

Et M. Boi d'avertir : "La communauté internationale a déjà indiqué qu'elle ne reconnaîtra aucune force armée qui arriverait au pouvoir par les armes. Si le LURD persiste dans sa progression dans Monrovia, il faudra alors qu'il en réponde devant la communauté internationale ".

M. Bennie a démenti les rumeurs selon lesquelles les commandants militaires sur le terrain ignoraient les ordres de leurs chefs politiques. " Nous sommes en contact et avons dit aux combattants de cesser les hostilités dès que les hommes de Taylor auront arrêté de leur tirer dessus. Ils ont cessé samedi et nos hommes aussi. Mais ils ont recommencé à nous tirer dessus et nous avons riposté ", a-t-il expliqué.

Il a clairement laissé entendre que le LURD serait très heureux de voir M.Taylor abandonner le pouvoir de sorte que son mouvement puisse simplement négocier le futur du Liberia avec le MODEL et avec les groupes opposants non armés représentés aux négociations de paix d'Accra.

"Notre position est qu'il faut nous mettre d'accord avec tous les autres groupes sur la manière de résoudre les problèmes du Liberia ", a réaffirmé M. Bei. " Même si nous écartons M.Taylor, nous resterons ouverts à toutes les suggestions ".

Par ailleurs, le commandant désigné du premier détachement de la force d'intervention de la CEDEAO, le général de brigade Festus Okonkwo du Nigeria, a rencontré à Accra des responsables de la CEDEAO pour discuter des derniers événements survenus à Monrovia.

Une source proche du Secrétariat de la CEDEAO a fait savoir que M. Okonkwo partirait un peu plus tard lundi pour la capitale sénégalaise Dakar, pour prendre part à une réunion de la Commission de défense et de sécurité de la CEDEAO.

"Mercredi, la réunion de Dakar devrait confirmer au commandant de la force les officiers pour compléter son état-major. En fonction de l'instabilité de la situation à Monrovia, les dix membres de l'Equipe d'Etude technique entreraient à Monrovia cette semaine pour achever la reconnaissance nécessaire au déploiement de la force ", a ajouté la source.

La CEDEAO a annoncé qu'elle envisageait d'envoyer un premier détachement d'environ 1 500 soldats de maintien de la paix au Liberia, sur un effectif total de 5 000 soldats.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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