La résurgence des combats a fait converger vers le centre-ville des milliers de Libériens, récemment déplacés des faubourgs occidentaux de Monrovia. Pendant toute la journée de jeudi, des civils de la banlieue de Brewersville allaient en direction de la capitale, leurs maigres possessions juchées sur leurs têtes.
Des habitants pris de panique ont déclaré que les fusillades étaient audibles dans la zone de Po River. Ils ont indiqué que les rebelles ont pris le contrôle de Mango Town proche de la ligne de front, après être arrivés mercredi de Klay Junction, à 37 km à l'Ouest de Monrovia, en passant par Sastown.
Des sources auprès de la CEDEAO ont annoncé vendredi à IRIN, dans la capitale ghanéenne : "A la fin de la semaine, nous allons dépêcher à Monrovia une Equipe d'étude technique (TST) pour préparer le terrain en vue du déploiement d'une force d'avant-garde d'environ 1 500 militaires pour sécuriser la capitale".
La TST sera constituée de huit membres de la CEDEAO, d'un représentant de l'ONU et d'un autre des Etats-Unis d'Amérique. Elle jouera provisoirement le rôle de l'Equipe conjointe de vérification [Joint Verification Team (JVT)] qui, conformément à l'accord de cessez-le-feu du 17 juin, était chargée de déterminer les positions des factions belligérantes préalablement au déploiement de la force internationale d'intervention.
La JVT est toujours bloquée en Sierra Leone à cause de problèmes d'ordre logistique.
Les sources ont préconisé que le premier détachement de la CEDEAO serait déployé dans une ou deux semaines. Il est censé donner une implusion au fragile cessez-le-feu signé il y a un mois à Accra, la capitale ghanéenne, par le gouvernement de M. Taylor et par les deux groupes rebelles : Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) et le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL).
Les sources proches de la CEDEAO estiment que pour empêcher toute nouvelle escalade des violations du cessez-le-feu, il s'avère nécessaire d'accélerer le déploiement de la force d'intervention pour sécuriser d'abord Monrovia.
La TST effectuera une mission de reconnaissance pour favoriser le déploiement immédiat des soldats de maintien de la paix. Toutefois, à la différence de la JVT, l'équipe d'étude n'incluera pas de représentants des diverses factions belligérantes.
Le Commandant de la force de la CEDEAO, le général de brigade Festus Okonkwo, était attendu vendredi au Ghana. Le premier contingent, ont déclaré les sources de la CEDEAO à IRIN, sera constitué par des soldats du Nigeria, du Ghana, du Mali et du Sénégal.
Le déploiement imminent des troupes ouest-africaines a été décidé une fois que les Etats-Unis ont clairement fait comprendre qu'ils n'engageraient des soldats au Liberia qu'après le déploiement des forces de la CEDEAO.
Le président George Bush a également insisté pour que M.Taylor quitte d'abord le Liberia. De son côté, M. Taylor rétorque qu'il ne quittera son pays qu'après l'arrivée des soldats de maintien de la paix. Il insiste également pour que le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, associé à l'ONU, renonce à son inculpation pour crimes de guerre.
Jeudi, le président du Tribunal spécial, le juge Geoffrey Robertson, a sollicité une coopération pour déférer devant la justice les criminels de guerre inculpés, y compris M. Taylor, inculpé en mars de dix-sept chefs d'accusation pour le rôle qu'il a joué en appuyant les rebelles sierra léonais durant la guerre civile de 1991 à 2001. Les rebelles ont commis de graves atrocités contre les civils, ntamment des assassinats, des viols et des amputations.
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