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L'équipe américaine d'évaluation rend visite aux personnes déplacées

Le lendemain de son arrivée dans la capitale libérienne, Monrovia, la mission américaine d'évaluation militaire et humanitaire (composée de trente-deux membres) préparait un convoi de huit véhicules pour effectuer une visite dans les camps des déplacés se trouvant dans le faubourg de Brewersville, à l'ouest de la ville.

Tôt dans la matinée, des miliciens pro-gouvernementaux ont empêché les Américains de dépasser le barrage routier d'Iron Gate, à trois kilomètres de Monrovia. Les miliciens ont expliqué qu'ils n'avaient reçu aucun ordre pour permettre aux Américains de passer le barrage situé près des camps.

Un officiel libérien contacté par IRIN à Monrovia a expliqué que les Américains n'avaient pas suivi la procédure diplomatique appropriée avant de partir, notamment celle consistant à dire aux autorités ce qu'ils allaient visiter au juste.

Washington a dépêché la mission d'évaluation à Monrovia au moment où tout porte à croire que les Etats-Unis vont envoyer des soldats rejoindre la force ouest-africaine pour faire appliquer le cessez-le-feu en vigueur entre les forces gouvernementales et les combattants rebelles, et mettre fin à quatorze ans de guerre civile qui a ravagé cette nation de l'Afrique de l'Ouest.

Le président George Bush, qui exige que le président libérien Charles Taylor abandonne le pouvoir, s'est entretenu mardi de la crise avec des présidents ouest-africains dans la capitale sénégalaise, Dakar. M. Bush effectue actuellement une tournée dans cinq nations d'Afrique.

Il s'est engagé à collaborer avec les Nations Unies et avec les Etats africains pour le maintien du cessez-le-feu au Liberia, mais a ajouté qu'aucune décision n'a encore été prise concernant l'envoi de soldats américains.

"Les Etats-Unis oeuvreront de concert avec la CEDEAO (Communité économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Les Nations Unies seront impliquées", a déclaré M. Bush à la presse à Dakar. " Nous sommes entrain de déterminer ce qu'il faut faire pour maintenir le cessez-le-feu et pour favoriser une transition pacifique du pouvoir ", a informé M. Bush.

Le 6 juillet, à l'issue d'une rencontre avec le président nigérian Olusegun Obasanjo à Monrovia, M.Taylor a annoncé qu'il partirait et qu'il acceptait un lieu de refuge au Nigeria. Il n'a pas pour autant précisé quand il comptait quitter le Liberia.

Le Secrétaire-Général de l'ONU Kofi Annan a salué lundi la décision de M. Taylor de démissionner de son poste et de quitter le pays "dans l'intérêt de la paix ". M. Annan a commenté qu'il s'agissait de la première étape en vue de l'établissement d'une démocratie durable, la décrivant comme " un tournant significatif au moment où le Liberia s'efforce de passer de la guerre à la paix ".

M. Annan a invité les Libériens à tirer avantage de cet élan et à oeuvrer ensemble dans un esprit de réconciliation nationale pour aider à rétablir une démocratie durable dans le pays, apprenait-on dans un communiqué publié par le porte-parole de M. Annan à New York.

Il a encouragé à un processus de transition inclusif et ordonné pour le Liberia, tel qu'envisagé par l'accord de cessez-le-feu du 17 juin, ajoutant qu'il fallait prendre des mesures concrètes immédiates pour mettre fin aux nombreuses souffrances et à l'oppression que les chefs de guerre, les forces miliciennes et les autres groupes armés ont trop longtemps infligées à la société libérienne.

"Le Secrétaire-Général rappelle à toutes les parties concernées qu'elles auront à rendre des comptes, tant indivuellement que collectivement, pour la perpétration des graves violations des droits de l'Homme et des crimes de guerre", souligne le communiqué.

Dans le même contexte, Amnesty International a indiqué que l'offre d'Obasanjo d'un lieu de refuge à Taylor non seulement contrevient au droit international, mais elle "ne favorise en rien une paix juste et durable au Liberia ".

M. Taylor est sous le coup d'une inculpation du Tribunal spécial pour la Sierra Leone car il porte une très grande responsabilité dans les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, et d'autres violations graves du droit humanitaire international relevant de la juridiction du tribunal.

"Le 4 juin, une fois que l'inculpation de Taylor a été rendue publique par le tribunal, le gouvernement du Ghana ne l'a pas arrêté alors qu'il se trouvait à Accra. A présent, le gouvernement du Nigeria viole également ses obligations vis-à-vis du droit international en promettant qu'aucune action ne sera entreprise contre Taylor s'il quitte le Liberia pour le Nigeria", a souligné l'organisation dans un communiqué lundi.

"Chaque Etat partie aux Conventions de Genève - comme l'est le Nigeria - a pour obligation de déférer devant ses propres tribunaux des personnes ayant commis ou ordonné de graves entorses aux Conventions, de les extrader vers un autre pays consentant ou de les transférer à un tribunal pénal international", a-t-elle rappelé, ajoutant : "Il n'existe pas d'exception : cela s'applique au Nigeria et cela s'applique au président Taylor".

D'un autre côté, le manque de nourriture adéquate, de médicaments, d'eau et d'assainissement, d'abris ainsi que d'autres services de base, continue à rendre la vie très difficile pour les personnes déplacées à l'intérieur, qui se sont réfugiées dans des églises, des écoles, des mosquées, des bâtiments ministériels et au stade sportif SKD, a rapporté World Vision mardi.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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