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Fin des combats, mais la situation demeure "tendue" à Butembo

Les combats avaient cessé lundi à Butembo, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), mais la situation est demeurée "tendue" dans cette ville, selon Hamadoun Touré, porte-parole de la Mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC, appelée la MONUC.

"Les tirs ont cessé, mais la situation reste tendue. Nous avons appris que les combats ont repris ce matin entre les troupes du RCD-K-ML [Rassemblement congolais pour la démocratie - Kisangani - Mouvement de libération] et des groupes armés non identifiés, peut-être des éléments Maï-Maï", a déclaré M. Touré à IRIN.

Des combats à l’arme lourde ont d’abord éclaté jeudi entre une milice Maï-Maï et le RCD-K-ML, un groupe rebelle allié au gouvernement de Kinshasa. Des dirigeants du RCD-K-ML ont assuré que les troubles n’étaient le fait que de certains éléments qui résistaient à une opération de désarmement en cours. Ils ont aussi soutenu que la ville demeurait sous leur entier contrôle. Toutefois, d’autres informations voulaient que la milice Maï-Maï ait pris le contrôle de Butembo.

Au moins 35 cadavres étaient visibles dans les rues de Butembo, durant le week-end, selon une source.

"J'ai compté 35 cadavres jonchant les rues de la ville, parmi lesquels ceux d'un couple dont la maison a été détruite par une roquette. Mais il y avait aussi neuf militaires de l'Armée du peuple congolais [les forces armées du RCD-K-ML] et une quinzaine de [miliciens] Maï-Maï. Le reste des corps étaient ceux de civils", a confié à IRIN Rubain Lukambaka, un journaliste de la station Radio Graben Butembo, joint lundi au téléphone dans cette ville éprouvée.

Il a confirmé que les combats avaient repris lundi matin, après une journée calme, dimanche, et qu’ils ont fait de nouvelles victimes, non comprises dans son précédent décompte.

Même si la majorité des habitants de Butembo sont restés chez eux, certains ont profité de l’accalmie de dimanche pour fuir vers la localité d’Isale. Par ailleurs, les commerces et les écoles de la ville sont demeurés fermés depuis jeudi dernier.

La Croix-Rouge locale a indiqué qu’elle ne disposait pas encore d’un bilan précis des victimes puisqu’elle ne pouvait circuler librement dans la ville en raison de l'intensité des combats. Certains de ses représentants sont néanmoins parvenus à se rendre dans certaines parties de Butembo.

"Pour la seule journée de vendredi, nous avons dénombré 18 morts, dont cinq civils", a déclaré à IRIN un responsable de la Croix-Rouge à Butembo, Innocent Kahehero, qui s’est engagé à fournir un bilan plus précis des victimes après la fin des combats.

M. Kahehero a fait part de ses craintes pour le grand nombre de gens de cette zone qui avaient fui les combats entre milices ethniques à Bunia, à quelque 200 km au nord-est de Butembo.

"250 000 personnes ayant fui les récents affrontements de Bunia vivent dans des camps érigés par la Croix-Rouge. Heureusement, les belligérants respectent encore les bannières à l’effigie de la Croix-Rouge, que nous avons hissées", d’ajouter M. Kahehero.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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