Dès son arrivée à l'Aéroport International Roberts, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la ville, l'équipe a été transportée par hélicoptères sur la pelouse de l'ambassade, située dans l'enclave diplomatique de Mamba Point, à Monrovia.
L'ambassadeur américain auprès du Liberia, John William Blaney, a déclaré aux journalistes que l'équipe incluait aussi bien du personnel civil que militaire. Outre l'examen de la situation sécuritaire, elle prévoit de visiter plusieurs camps de réfugiés et de déplacés à l'intérieur pour évaluer les conditions de vie des populations affectées par la guerre.
"Nous sommes très préoccupés par la situation humanitaire au Liberia", a souligné M. Blaney. Interrogé pour savoir si l'arrivée de l'équipe marquait le début d'une opération de paix américaine au Liberia, il a répondu : "Toute décision en vue d'une mission de la paix plus importante dépend du président Bush ".
Le chef de l'équipe, le capitaine Roger Couldron, commandant de la marine auprès du Commandement des Etats-Unis en Europe, a déclaré que le but de leur visite consistait "à évaluer le climat de sécurité et comment les navires pouvaient arriver pour apporter une assistance humanitaire au pays".
Le capitaine Couldron a ajouté : "Nous espérons avoir un climat sûr de travail. Nous voulons nous assurer que quiconque viendra sera en sécurité sur le terrain. L'équipe restera au Liberia aussi longtemps qu'il le faut ".
L'élément sécurité de la mission, a-t-il précisé, consiste à examiner la situation de la sécurité mise à mal par les affrontements entre le gouvernement et les deux groupes rebelles, en l'occurrence les Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) et le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL).
Massa Henries, un des jeunes ayant participé à la manifestation contre M. Taylor il y a une semaine et qui faisait partie de la foule qui a accueillie l'équipe, a affirmé à IRIN : "A présent, nous sommes soulagés, ceci est juste le début (de l'implication des Etats-Unis)".
Depuis que les hostilités se sont intensifiées il y a un mois au Liberia entre le gouvernement, le LURD et le MODEL, les appels se sont faits plus pressants en faveur du déploiement d'une force d'intervention dirigée par les Etats-Unis, pour faire appliquer le cessez-le-feu signé entre les factions belligérantes le 17 juin à Accra, au Ghana. La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a proposé d'offrir un dispositif de 3 000 hommes pour la constitution d'une telle force.
Washington doit encore décider de l'envoi ou non d'une force au Liberia, un pays fondé en 1847 par des esclaves affranchis. Le président George Bush insiste que le président libérien Charles Taylor quitte d'abord le Liberia. Le président Olusegun Obasanjo du Nigeria s'est déplacé dimanche à Monrovia pour discuter avec Taylor de son offre d'un lieu de refuge au Nigeria.
Dans une conférence de presse conjointe avec Obasanjo, M. Taylor s'est dit prêt à se rendre au Nigeria. Il n'a pas précisé quand il compte quitter Monrovia et a demandé en revanche l'envoi dans son pays, avant son départ, d'une force de paix commandée par les Etats-Unis et ce, afin d'éviter le chaos et la confusion.
Par ailleurs, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a rapatrié vendredi en direction de Freetown, en Sierra Leone, un premier groupe de 304 réfugiés sierra léonais qui vivaient au Liberia, déchiré par la guerre. Ils font partie des milliers de réfugiés ayant demandé à être évacués, a souligné le HCR.
"Le MV Overbeck affrété par le HCR est arrivé à Monrovia vendredi à l'aube, est entré aux docks quelques heures plus tard, puis a pris à son bord 304 réfugiés sierra léonais avant de repartir à 16H15 GMT pour un périple de trente heures à destination de Freetown", a indiqué le HCR.
"A supposé que le cessez-le-feu actuel tienne, l'Overbeck fera la navette tous les quatre jours (pour transporter) des milliers de réfugiés chez eux. Il y avait quelque 15 000 réfugiés sierra léonais dans les camps à la périphérie de Monrovia avant la dernière série de combats, et pas moins de 5 000 d'entre eux ont déjà exprimé leur désir de retourner dans leur pays ".
En attendant, le calme continuait de régner à Monrovia, à la suite de la trêve entre les groupes belligérants. Le HCR a indiqué que plusieurs commerces et supermarchés avaient rouverts. Une banque opérant un service de transferts de fonds a également ouvert ses portes lundi, permettant ainsi à de nombreux Libériens de recevoir de l'argent comptant de leurs proches vivant à l'étranger.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions