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Négociations d'un nouveau cessez-le-feu ; prochaine rencontre des chefs des état-majors de la CEDEAO

Les médiateurs ouest-africains ont négocié vendredi un nouveau cessez-le-feu dans la guerre civile au Liberia et ont évoqué la convocation d'un sommet extraordinaire africain pour donner un nouvel élan aux négociations pour un règlement durable du conflit.

Dès que la trêve a été acceptée par les représentants du président Charles Taylor et ceux du mouvement rebelle Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) dans la capitale ghanéenne, Accra, les combats ont cessé dans la capitale libérienne Monrovia.

Le général Abdulsalami Abubakar, facilitateur officiel des pourparlers inter-libériens de paix d'Accra, a déclaré à la presse : " Tant le gouvernement du Liberia que le LURD ont accepté d'entamer un cessez-le-feu immédiat vendredi après-midi et j'espère que les deux parties vont rester fidèles à leur engagement ".

Une nouvelle offensive du LURD contre Monrovia cette semaine, ainsi que la fin de non recevoir opposée par M. Taylor à la demande des rebelles le sommant de démissionner, risquaient de réduire à néant le processus de paix libérien censé mettre fin à quatorze années d'une guerre civile quasi constante.

Abubakar, l'ex-chef d'état nigérian, a indiqué qu'il suspendait pour une semaine les pourparlers de paix dans l'objectif de réanimer l'accord initial de cessez-le-feu signé le 17 juin entre le gouvernement, le LURD et le deuxième groupe rebelle, le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL).

M. Abubakar a été nommé par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour trouver une solution négociée au conflit libérien qui menace de déstabiliser les pays voisins.

Une source diplomatique présente aux pourparlers d'Accra a annoncé que le Comité de Défense et de Sécurité de la CEDEAO allait certainement se réunir jeudi prochain à Abuja, au Nigeria, pour "envisager la création d'une zone militaire tampon " entre le gouvernement et les rebelles. Le comité est composé des chefs des états-majors de la Défense des pays membres de l'organisation régionale.

"Il discutera des appels grandissants en faveur d'une intervention au Liberia et recommandera aux chefs d'Etats de la CEDEAO l'envoi ou non d'une telle force ", a précisé la source. "Une réunion des chefs d'états pourrait se tenir après pour endosser les recommandations ".

Le LURD, qui se bat depuis 1999 en vue de la destitution de M. Taylor, a réaffirmé son attachement au nouveau cessez-le-feu. Le mouvement rebelle a déclaré dans un communiqué:
"Notre engagement à obéir aux règles du nouveau cessez-le-feu est essentiellement dicté par notre inquiétude devant la crise humanitaire qui voit le jour au Liberia ".

Le ministre libérien de la Défense Daniel Chea, cité par des agences de presse internationales, s'est félicité de la trêve, décrétée alors que le LURD contrôle les faubourgs occidentaux de Monrovia. Il a affirmé à Reuters que les forces gouvernementales allaient respecter le cessez-le-feu.

Un calme tendu régnait à Monrovia vendredi après-midi, après les tirs sporadiques de la matinée, mais il existe des rumeurs contradictoires concernant le contrôle du port d'eau profonde de la ville, sur l'île de Bushrod.

Des sources de l'armée libérienne ont indiqué à IRIN, que les forces de M.Taylor avaient repris Freeport vendredi matin. Le correspondant d'IRIN dans cette ville ravagée, peuplée d'un million d'habitants, a aperçu deux pickups transportant des soldats en liesse proclamant revenir de Freeport, sillonner les rues désertes.

Toutefois, une fois que les armes se sont tues, le LURD a également affirmé avoir le contrôle du port.

Le conseiller politique du LURD, Tarky Teh, a déclaré aux journalistes à Accra que son mouvement contrôlait encore Freeport et qu'il l'ouvrirait à la communauté internationale pour livrer les secours humanitaires et déployer la force de paix préconisée au Liberia.

Il a poursuivi que le LURD, qui s'était retiré de Monrovia avant le cessez-le-feu de la semaine passée, continuerait d'occuper ses positions nouvellement conquises dans la ville.

"Nous resterons dans nos positions actuelles à Monrovia et dans d'autres parties du Liberia tout en observant ce cessez-le-feu ", a confirmé M. Teh. "Cependant, nos forces ont reçu des instructions pour attaquer et riposter sans merci à toute menace venant de l'autre côté ", a-t-il averti.

M. Abubakar a annoncé qu'en dépit du fait que les pourparlers en vue d'une solution politique au Liberia seront gelés pendant la semaine à venir, les discussions sur la prévention et la résolution du conflit quant à elles continueraient. Des sources diplomatiques ont souligné que celles-ci pourraient couvrir des problèmes délicats comme l'exigence du gouvernement libérien que le LURD retourne aux positions qu'ils occupaient avant l'accord de cessez-le-feu du 17 juin.

"On espère que la semaine prochaine, l'Equipe conjointe de vérification(JVT) dirigée par la CEDEAO partira pour le Liberia afin de déterminer les positions des divers combattants ", a ajouté M. Abubakar. "Ceci favorisera l'arrivée d'une force internationale d'intervention et servira de zone-tampon ".

On ignore encore qui seront les pourvoyeurs de troupes pour une telle force. Beaucoup de gouvernements occidentaux et africains voudraient que les Etats-Unis, qui ont traditionnellement entretenu des relations étroites avec le Liberia, prennent le commandement. Washington de son côté n'a manifesté aucun signe d'intérêt à cet égard.

Jeudi, le président George Bush a exhorté M. Taylor à démissionner afin d'éviter un nouveau bain de sang, mais il n'a pas précisé ce que les Etats-Unis comptent faire pour aider à résoudre le conflit.

Des sources diplomatiques ont commenté que la déclaration de M. Bush avait posé un problème aux médiateurs des pourparlers de paix car sa sommation à M.Taylor contrevient à la déclaration de l'Union Africaine relative à la destitution ou à la nomination des présidents africains élus.

Le document du cessez-le-feu du 17 juin appelait dans les trente jours à un accord sur un gouvernement de transition qui excluerait M. Taylor. Les rebelles ont interprété que cela signifie qu'il faut que le président démissionne le 18 juillet, mais M. Taylor s'était engagé à rester au pouvoir jusqu'à l'expiration de son mandat en janvier 2004.

"D'une certaine manière, tout le monde veut aider à mettre fin à la crise au Liberia ", a déclaré M.
Abubakar à IRIN vendredi. "Or, dans ces tentatives, il y a des pierres d'achoppement au processus de paix. Nous devons maintenant prendre les choses en main et limiter les dégâts ".

Bien que le LURD, qui contrôle une bonne partie du nord du Liberia, était plus prépondérant que le MODEL dans les derniers affrontements, le mouvement rebelle a assuré qu'il n'allait pas demander de diriger le gouvernement intérimaire comme condition préalable à la paix.

"La question de savoir qui formera le gouvernement intérimaire doit être décidée par le peuple libérien et non par le LURD. Même si nous saisissons complètement le Liberia, nous ne constituerons pas un gouvernement. Cette conférence à Accra, incluant tous les Libériens, a la capacité de le faire ", a expliqué à IRIN le co-président du LURD, George Dweh.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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