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Reprise des combats à l'intérieur alors que les Ghanéens et les Nigérians sont évacués

Le Nigeria et le Ghana ont commencé l'évacuation, par air et par mer, de milliers de leurs ressortissants de la capitale libérienne, Monrovia, qui demeurait calme mais tendue à la fois, après des informations signalant une reprise des combats à l'intérieur lundi.

Des travailleurs humanitaires ont fait état d'accrochages lundi entre les forces gouvernementales et les forces rebelles à Klay Junction, à 35 km au nord-ouest de la capitale.

Un vaisseau naval ghanéen, le Bonsu, a quitté Monrovia samedi avec plus de 1 000 Ghanéens à son bord. Un porte-parole de la marine dans la capitale ghanéenne, Accra, a annoncé qu'un second navire accosterait à Monrovia mercredi pour prendre des centaines d'autres personnes, dont beaucoup ont campé devant l'ambassade ghanéenne en attendant leur évacuation.

De son côté, le Nigeria a évacué de Monrovia dimanche près de 800 de ses ressortissants à bord de deux avions affrétés par les autorités.

Des officiels auprès de l'ambassade nigériane ont informé qu'ils projetaient d'évacuer, au fil des prochains jours, environ 4 000 des 30 000 membres de la communauté nigériane. La plupart sont des commerçants et des hommes d'affaires, qui ont été pillés après que l'avancée rebelle dans les faubourgs occidentaux de Monrovia le 5 juin au Liberia ait donné lieu à plusieurs jours de combats intenses dans la capitale.

Il y a une semaine, un navire militaire français avait évacué de Monrovia 535 étrangers, parmi eux, la majorité du personnel humanitaire expatrié.

Les autorités ont donné l'ordre de rouvrir lundi les écoles, les magasins et les commerces, alors que les pourparlers de paix au Ghana entre le président Charles Taylor et les deux mouvements rebelles peinaient à produire un accord de cessez-le-feu tant attendu.

Dans la rue, on pouvait apercevoir quelques enfants en uniforme scolaire, mais il a été impossible pour beaucoup d'écoles d'ouvrir leurs portes car elles étaient occupées par des milliers de personnes ayant fui au centre de Monrovia pour échapper aux récents combats entre les forces gouvernementales et celles du mouvement rebelle Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD).

Dimanche, le gouvernement a invité les fonctionnaires publics à retourner au travail, mais seuls quelques uns d'entre eux se sont présentés, lundi matin, aux ministères des Finances et de l'Education, et la situation était pareille dans la majeure partie des autres ministères publics.

Les banques sont restées fermées et rares étaient les magasins ouverts. Nombre de commerçants étaient impatients de vendre leurs marchandises avant que celles-ci soient tout simplement volées par les combattants armés. " Je brade mes marchandises avant qu'ils les pillent ", a expliqué un petit commerçant originaire de la Guinée, qui serait le principal soutien du LURD, selon des diplomates.

Les combattants du LURD se sont repliés il y a une semaine sur le pont Po River, à 17 km de Monrovia, peu avant la reprise des pourparlers inter-libériens de paix à Accra. Lundi, des informations faisant état d'affrontements à Klay Junction indiquent que depuis, ils ont été repoussés encore plus loin.

Les officiels du LURD aux pourparlers de paix à Accra ont également mentionné des accrochages avec les forces gouvernementales autour de Ganta, une ville du nord-est du Liberia.

Monrovia, une ville embourbée abritant un million d'habitants sans électricité ni eau courante, était demeurée calme durant les sept jours écoulés.

Mais le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL), un deuxième groupe rebelle occupant la majeure partie du sud-est depuis qu'il a surgi sur la scène en mars dernier, a indiqué que certaines de ses positions dans les comtés de Sinoe et Grand Bassa, dans le centre du Liberia, avaient été attaquées par les forces gouvernementales.

On dispose de peu d'informations sur les derniers combats, mais le ministre libérien de la Défense, Daniel Chea, à la tête de la délégation gouvernementales aux pourparlers de paix d'Accra, a confirmé que les combats se poursuivaient à l'intérieur.

"Tant qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu, il y a de très fortes chances que des escarmouches se produisent ", a-t-il déclaré à IRIN. " Cela devrait renforcer notre volonté à tous de signer un cessez-le-feu qui ferait que chaque partie arrêterait d'attaquer l'autre. Plus tôt nous signerons un cessez-le-feu, mieux ce sera pour nous tous ".

Le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (BCAH/OCHA) en Sierra Leone a signalé un flux accru de réfugiés libériens franchissant la frontière. Il a précisé que 500 d'entre eux ont franchi la frontière jeudi dernier, et a cité un officiel du LURD à la frontière selon qui entre 1 500 et 3 000 seraient en route.

Des travailleurs humanitaires à Freetown ont informé que deux bataillons de soldats Libériens dans le comté de Lofa, au nord-est du Liberia, auraient négocié leur désarmement et leur entrée en Sierra Leone en fin de semaine, mais M. Chea a démenti l'existence d'une désertion massive de ses forces dans la région.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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