1. Accueil
  2. West Africa
  3. Liberia

Les pourparlers de paix dans l'impasse, les rebelles exigeant le départ de Taylor

Les pourparlers inter-libériens de paix étaient dans une impasse en fin de semaine au Ghana, les deux mouvements rebelles exigeant en effet la démission du président Charles Taylor dans les dix jours après la signature d'un accord de cessez-le-feu, ont informé des sources proches de la conférence de paix.

Par ailleurs, le Nigeria a annoncé son intention d'évacuer plus de 4 000 de ses ressortissants de Monrovia, la capitale libérienne assiégée. Des responsables auprès de l'ambassade nigériane à Monrovia ont fait savoir qu'un avion mis à disposition par les autorités de ce pays commencerait à affréter des personnes de Monrovia à Lagos dimanche.

La France a déjà évacué par navire militaire plus de 500 étrangers ; le Ghana utilise trois avions et un vaisseau de la marine pour rapatrier ses citoyens désirant quitter la capitale libérienne ; et un navire de combat des Etats-Unis serait en route pour le Liberia.

Monrovia a connu une accalmie dimanche, soit cinq jours après le retrait des combattants rebelles des faubourgs occidentaux de la ville, mais des habitants craignent de nouvelles attaques, au vu du dernier ultimatum des rebelles à Taylor pour qu'il renonce au pouvoir.

Des sources aux négociations de paix à Akosombo, une localité lacustre située à 100 km au nord de la capitale Accra, ont indiqué que la délégation gouvernementale libérienne avait catégoriquement refusé cette demande des rebelles, qui contrôlent près des deux tiers du Liberia. Ils posent comme condition préalable à tout accord de cessez-le-feu le départ de M. Taylor.

La délégation, présidée par le ministre de la Défense Daniel Chea, a répondu que M. Taylor n'envisagerait une démission que si lui-même et d'autres dignitaires et hauts commandants militaires recevaient des garanties internationales quant à leur sécurité, a-t-elle ajouté.

Il y a une semaine, M. Taylor a été inculpé de crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (associé à l'ONU) pour son appui présumé aux rebelles durant la guerre civile qui a déchiré ce pays de 1991 à 2001. Ce conflit a été marqué par des exécutions arbitraires, par
l'amputation et le viol de dizaines de milliers de civils.

Des sources auprès de la conférence ont déclaré que les pourparlers d'Akosombo ont buté samedi sur trois nouvelles conditions posées par les groupes rebelles, les Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) et le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL).

Les deux groupes ont exigé la dissolution du gouvernement et la démission de M. Taylor dix jours après la signature d'un cessez-le-feu.

Deuxièmement, les rebelles demandent qu'une force d'intervention sous l'égide des Etats-Unis et des pays occidentaux soit déployée pour faire appliquer le cessez-le-feu, au lieu de la force ouest-africaine de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui a organisé les pourparlers de paix d'Akosombo.

Troisièmement, le LURD et MODEL ont demandé qu'un gouvernement d'unité nationale, excluant les personnes inculpées par le tribunal pour les crimes de guerre en Sierra Leone, soit mis en place dans les dix jours suivant le cessez-le-feu.

Les sources ont rapporté que le LURD, qui se bat contre M. Taylor depuis 1999, et a lancé une offensive contre la capitale Monrovia la semaine passée, a indiqué qu'il serait honoré de diriger le futur gouvernement d'unité nationale. Pourtant, il n'a pas insisté sur cette option, ont-elles noté.

Les médiateurs de la CEDEAO, dirigés par l'ex-chef d'Etat nigérian, le général Abdulsalami Abubakar, ont ajourné les discussions formelles à l'issue de l'impasse de samedi, mais les sources ont annoncé que les négociations reprendraient lundi dans un hôtel d'Accra au lieu d'Akosombo.

Le revers de la fin de la semaine est un coup dur pour les espoirs d'une signature rapide d'un accord de cessez-le-feu susceptible de jeter les bases d'une paix durable au Liberia. Le pays peuplé de moins de trois millions d'habitants vit dans un état de guerre civile depuis presque quatorze ans.

Pourtant, l'optimisme était de mise à Akosombo vendredi lorsque M. Chea avait fait part de la satisfaction du gouvernement devant le projet de l'accord de cessez-le-feu, concocté par les médiateurs ouest-africains, et s'était dit prêt à signer immédiatement le document.

"Nous n'avons aucun problème avec le document. Il est exact et va droit au but. Plus nous tardons à signer cet accord, plus il y aura de morts car seul un cessez-le-feu empêchera une escalade des hostilités ", avait-il alors affirmé à IRIN.

Devant les bonnes dispositions de M. Chea, même son de cloche dans le camp rebelle: tant le LURD, qui occupe une bonne partie du nord du Liberia, que le MODEL, qui s'est emparé de la majeure partie du sud-est libérien depuis qu'il a surgi sur la scène il y a trois mois, avaient indiqué qu'ils étaient sur le point de signer un accord de cessez-le-feu.

Vendredi, M. Taylor a rappelé son vice-président, Moses Blah, une semaine après l'avoir limogé et arrêté, l'accusant d'avoir trempé dans un complot contre lui alors qu'il assistait à l'inauguration formelle des pourparlers de paix au Ghana le 4 juin.

Citant des officiels libériens, les stations de radio de Monrovia ont indiqué que M. Blah avait confessé sa culpabilité dans la conspiration mais que, dans un esprit de réconciliation nationale, M. Taylor lui avait pardonné.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join