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Le Vice-pésident démissionne tandis que Taylor dit avoir échappé à une tentative de coup d'Etat

Un jour après son inculpation pour crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone associé à l'ONU, le président libérien Charles Taylor à déclaré à la presse dans la capitale, Monrovia, qu'il avait échappé à une tentative de Coup d'Etat, accepté la démission du Vice-président, et qu'il allait demander à tout son gouvernement de démissionner la semaine prochaine.

"Nous avons accepté la démission du Vice-président [Moses Zeh Blah]. Il s'expliquera devant le peuple libérien sur ses actes dans les jours à venir ", a déclaré M. Taylor à des journalistes au palais présidentiel. De hautes sources proches de la sécurité avaient indiqué, peu avant, à IRIN que le dispositif assurant la sécurité du vice-président avait été retiré.

M. Taylor, qui a participé mercredi à l'ouverture officielle au Ghana des pourparlers de paix entre son gouvernement et les rebelles, a informé que la tentative de Coup d'Etat était le fait de certains de ses hauts responsables, de commandants militaires et d'une ambassade étrangère au Liberia. Il ne les a pas identifiés durant les dix minutes de sa déclaration à la nation.

"Certains agents ont réussi à persuader des responsables du gouvernement de fomenter un coup d'Etat pour m'empêcher de revenir". Des contacts ont été pris par une certaine ambassade avec certains officiers supérieurs qui ont refusé", a déclaré M. Taylor jeudi. "La tentative a échoué".

Vêtu d'un costume blanc et portant des lunettes noires, M. Taylor a annoncé que tout son gouvernement allait démissionner pour ouvrir la voie à un gouvernement d'unité nationale ". " Je suis allé à la recherche de la paix. Je continuerai de rechercher la paix dans l'intérêt du peuple libérien. J'ai vu trop d'effusion de sang [et] je ferai des sacrifices pour que le Liberia survive, a souligné M. Taylor. " La semaine prochaine, je vais demander la démission de tout mon gouvernement ".

M. Taylor a également confirmé sa déclaration faite au Ghana mercredi qu'il se retirerait de la présidence dès la fin de son actuel mandat de sept ans en janvier prochain.

"D'aucuns pensent que Taylor est le problème. Je me retirerai de tout processus qui continue de perpétuer le conflit au Liberia ", a-t-il annoncé à Accra. " Si cela pouvait ramener la paix, je me retirerai en tant que président… Laissons mettre en place un processus susceptible de garantir une transition sereine de la guerre à la paix ".

M. Taylor a informé jeudi que d'intenses combats se déroulent dans le comté de Bomi, juste au nord-ouest de Monrovia, où les Libériens unis pour la réconciliation et la paix (LURD) avancent vers la capitale. Mais M. Taylor a ajouté qu'il riposterait pour défendre le peuple libérien.

Le dirigeant libérien a qualifié de " manœuvre politique " son inculpation pour crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone. M. Taylor a souligné que le tribunal, qui l'accuse d'avoir appuyé les rebelles en Sierra Leone durant les dix années de guerre civile, n'avait aucun mandat sur le Liberia. "Appelé un président du Liberia criminel de guerre est politique. Même Dieu ne le permettrait pas ", a-t-il rétorqué.

Il a remercié les présidents John Kufuor du Ghana, Olusegun Obasanjo du Nigeria, et Thabo Mbé de l'Afrique du Sud, de " s'être érigés contre son arrestation ".

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone a envoyé mercredi au Ghana un mandat d'arrêt international en vue de l'arrestation de M. Taylor au moment même où le dirigeant libérien arrivait dans ce pays pour prendre part à l'ouverture formelle des pourparlers de paix. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Nana Akuffo-Addo, a néanmoins déclaré à la presse à Accra que son gouvernement n'avait reçu aucune demande formelle pour appréhender M. Taylor.

Le tribunal a insisté quant à lui que : "Tous les documents pertinents ont été remis en personne au Haut Commissaire du Ghana à Freetown ". " Des copies, a-t-il ajouté, ont été transmises par voie électronique au ministère des Affaires étrangères du Ghana, où un haut responsable les a reçues ".

David Crane, le procureur du tribunal a déclaré que M. Taylor s'est enfui du Ghana comme "un fugitif international ". Exprimant sa déception devant le fait que le gouvernement ghanéen n'ait pas procédé à son arrestation. M. Crane a indiqué : " Je regrette que la communauté internationale ait déçu le peuple de la Sierra Leone et de l'Afrique de l'Ouest. Au lieu de délivrer un message fort concernant la responsabilisation, ils ont fourni de mauvaises excuses. Toute nation qui trouverait M. Taylor à l'intérieur de ses frontières est légalement contrainte d'exécuter (le mandat) ".

Et M. Crane d'ajouter: "La lutte pour amener ce criminel de guerre inculpé devant la justice a commencé. Elle ne s'achèvera qu'une fois que le peuple de la Sierra Leone et de l'Afrique de l'Ouest le verra dans une salle de tribunal ".

Les organisations des droits de l'Homme se sont félicitées de l'inculpation et le Haut Commissaire adjoint des Nations Unies aux droits de l'Homme, Betrand Ramcharan, a manifesté son appui à la décision du tribunal. M. Ramcharan a déclaré que l'inculpation était hautement significative et a exhorté les dirigeants au Liberia à se conformer au droit humanitaire international et aux droits de l'Homme.

Human Rights Watch (HRW) a souligné que la décision de juger le président libérien à Freetown faisait avancer la cause de la justice. "Taylor doit être arrêté par n'importe quel pays où il voyage, maintenant que son inculpation a été annoncée ", a préconisé Peter Takirambudde, directeur exécutif de la Division Afrique de HRW. "Taylor est l'une des principales causes de la propagation des guerres en Afrique de l'Ouest. Son inculpation est un formidable pas en avant, mais son arrestation serait encore mieux ".

Amnesty International a instamment invité le Ghana a arrêté M. Taylor dès l'annonce de son inculpation.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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