Muhammadu Buhari, arrivé second, loin derrière M.Obasanjo à l'issue du scrutin du 19 avril, a déposé sa plainte mardi auprès de la Cour d'Appel d'Abuja. La Cour fonctionne comme un tribunal pour examiner des plaintes en rapport avec les élections. Aucune date d'audience n'a été fixée.
La démarche juridique de M. Buhari vient s'ajouter au climat de tension accrue précédant le 29 mai, date de l'investiture de M. Obasanjo pour un second mandat de quatre ans à la magistrature suprême.
La police a indiqué mardi qu'elle avait démasqué un complot fomenté par des groupes non identifiés, visant à empêcher l'investiture de M. Obasanjo en organisant des manifestations massives et en posant des explosifs partout dans le pays.
Mike Ahamba, à la tête d'une équipe d'avocats du parti de M. Buhari, l'Alliance de Tous les Peuples du Nigeria (ANPP), a informé que la pétition de 90 pages a été déposée au nom de vingt partis d'opposition.
Outre l'énumération d'exemples spécifiques de fraude, il a accusé la Commission électorale nationale (CENI) de ne pas avoir respecté des conditions clé requises par la loi électorale.
Le document contenait une liste de 36 soldats qui auraient présumément procédé à des impressions de pouce massives des bulletins de vote en faveur de M. Obasanjo dans l'Etat d'Akwa Ibom, dans le sud-est du pays.
Il a également cité le cas de la circonscription de Rafin Kanda, dans l'Etat de Taraba au nord-est, où en dépit de l'absence de vote, des chiffres ont été distribués par les responsables électoraux affichant une participation de cent pour cent des électeurs et une victoire pour M. Obasanjo.
La pétition de M. Buhari critique la CENI de ne pas avoir réussi à ce que les agents électoraux des partis politiques contestataires certifient que les matériels électoraux étaient conformes. Il a souligné qu'il s'agit là d'une condition essentielle pour la crédibilité du processus électoral.
"L'élection est nulle en raison des pratiques corrompues ", conclue la pétition.
Les observateurs locaux et internationaux ont tous déclaré que l'élection présidentielle du mois dernier a été marquée par les cas répandus de fraude électorale, en particulier dans le sud-est du Nigeria.
MM. Buhari et Emeka Odumegwu-Ojukwu, le candidat présidentiel de la 'All Progressive Grand Alliance', arrivée troisième, ont annoncé dans un communiqué conjoint qu'ils n'utiliserons que des moyens légaux et constitutionnels pour remédier à l'injustice perçue pendant les élections.
Ils ont qualifié le soi-disant complot pour saborder l'investiture de M. Obasanjo, dénoncé par la police, de tactique du gouvernement visant à intimider l'opposition.
Obasanjo et Buhari ont tous les deux dirigés des gouvernements militaires au Nigeria avant de se présenter aux élections pour devenir un président civil.
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