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La police dénonce un complot pour saboter la prestation de serment d'Obasanjo

Un complot ourdi par des groupes non identifiés visant à saboter l'investiture du président Olusegun Obasanjo pour un deuxième mandat de quatre ans le 29 mai a été dévoilé, a rapporté mardi la police nigiériane. Le complot prévoyait d'organiser des manifestations massives et de poser des explosifs un peu partout au Nigeria, a-t-elle révélé.

"Certaines personnes sont même allées jusqu'à fabriquer des explosifs dans le but de les utiliser pour semer la panique et faire en sorte que le pays ne puisse plus être gouverné ", a précisé le directeur de la police du Nigeria, Tafa Balogun, dans un communiqué retransmis par la radio d'Etat.

Sans fournir aucun détail au sujet du complot, M.Balogun a annoncé que les agences chargées de faire appliquer la loi étaient prêtes à s'en prendre aux personnes fomentant des troubles. Il a déclaré que les manifestations publiques ne pouvaient avoir lieu qu'avec des autorisations de la police. Les demandes d'autorisation doivent être soumises quarante-huit heures à l'avance.

M. Obasanjo a remporté les élections présidentielles du 19 avril avec une marge énorme, mais les partis de l'opposition ont dénoncé les fraudes massives qui ont marqué le scrutin en faveur du Parti populaire démocratique, au pouvoir. Il s'agissait des deuxièmes élections organisées au Nigeria depuis le scrutin de 1999 qui avait mis fin à plus de quinze années de régime militaire. M. Obasanjo était sorti vainqueur.

Tant les observateurs locaux qu'internationaux ont témoigné que les élections, les premières organisées par des civils en vingt ans, ont été caractérisées par une fraude massive, surtout dans les Etats du sud-est.

Le principal candidat de l'opposition, Muhammadu Buhari, a rejeté les résultats et a brandi la menace d'une " action de masse " pour stopper l'investiture de M.Obasanjo s'il n'y a pas de nouvelles élections. Un groupe de 17 partis d'opposition a demandé au président de démissionner et de permettre à un gouvernement intérimaire, dirigé par le premier juge, d'organiser de nouvelles élections.

Mike Ahamba, l'avocat du parti de M. Buhari, l'Alliance de Tous les Peuples du Nigeria, a fait part à des journalistes lundi de son intention de déposer un recours devant un tribunal électoral avant mercredi, et ce, afin de mettre en cause les résultats des élections dans 21 des 26 Etats du Nigeria.

Le communiqué de la police met en exergue la montée de la tension à la veille de la prestation de serment dans le pays le plus peuplé d'Afrique, qui compte plus de 120 millions d'habitants.

Lundi, M.Obasanjo s'est réuni avec les chefs de la Défense et de la Sécurité, ainsi qu'avec les gouverneurs des Etats agités du sud-est pour faire le point sur les questions ayant trait à la sécurité dans la perspective du 29 mai, date à laquelle tous les gouverneurs des Etats prêteront également serment.

Le même jour, M. Buhari qui, à l'instar de M. Obasanjo est un ancien dirigeant militaire, a rencontré à Daura, une ville du nord dont il est originaire, Emeka Ojukwu, le candidat de la 'All Progressive Grand Alliance', arrivé troisième aux dernières élections. Leurs collaborateurs ont fait savoir que leur entretien a tourné autour de la réponse à l'investiture d'Obasanjo.

M. Ojukwu a été à la tête de la guerre de sécession du sud-est du Nigeria en tant que République du Biafra, qui a duré trois ans. A la fin de la guerre civile en 1970, plus d'1 million de personnes avaient été tuées.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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