L’absence de pluie cette année a été « effrayante et inquiétante », a signalé le ministre de l’Agriculture et des Ressources en eau, Salif Diallo, à l’occasion du coup d’envoi de l’opération dans la capitale, Ouagadougou. Depuis le mois d’avril, la situation est allée de mal en pis, a-t-il ajouté.
Les régions les plus durement touchées sont le Plateau central et Yatenga au nord. Depuis le début de l’année en cours, Ouagadougou dans le Plateau et Ouahigouya, dans le Yatenga, ont respectivement reçu 85 et 53,2 mm de pluie. De ce fait, Ouagadougou est en butte à de graves pénuries d’eau qui ont conduit à un rationnement car ses trois réservoirs se sont asséchés, a expliqué M. Diallo.
D’autres régions du pays ont également reçu 150 mm de pluie. Au niveau national, 14 provinces ont été officiellement déclarées comme souffrant d’un déficit en eau, a informé M. Diallo.
Des responsables publics ont indiqué que les conditions de sécheresse dans le pays constituaient une menace pour l’approvisionnement alimentaire. Quelque 267 000 habitants souffrent déjà d’un manque de nourriture et auraient besoin d’urgence de 5 000 à 7 000 tonnes de céréales, a déclaré Bassiaka Dao, président de l’association des producteurs agricoles.
Une opération similaire lancée pour la première en 1998 par des experts marocains avait abouti à une augmentation de 14 pour cent de l’approvisionnement en eau, ce qui représentait un surplus de 850 millions de mètres cubes pour 1997. L’augmentation de l’approvisionnement en eau a amélioré d’une manière significative la production agricole du Burkina Faso en 1998-1999, ont encore informé les responsables publics.
A présent, des experts burkinabé conduisent eux-mêmes l’opération. « A la suite de l’expérience réussie de 1998, nous avons décidé de mettre sur pied notre programme à travers le budget de l’Etat », a indiqué M. Diallo.
"Opération Saaga" est exécutée en utilisant un matériel acquis par le gouvernement du Burkina pour un montant de 4,5 milliards de francs CFA (6,4 millions de dollars). Les produits chimiques utilisés pour regrouper et bombarder les nuages sont à base de sel et ne sont pas nuisibles à l’environnement, ont précisé les responsables.
Le Danemark, la France, les Pays-Bas et Taïwan ont contribué à l’achat du matériel.
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