"Il s'agit d'un des points les plus chauds du Congo", a déclaré un agent humanitaire.
Près de 100 villages ont été désertés et quelque 40 000 personnes ont été déplacées sur le Plateau de Minembwe/Itombwe. Certains ont fui vers des zones de regroupement tandis que d'autres se sont réfugiés dans les forêts et les montagnes. "Les affrontements se sont apparemment intensifiés au cours de la semaine dernière avec le recours au bombardement aérien," a expliqué la même source.
De "très nombreux" déplacés vont devoir affronter la saison froide sur le plateau, a ajouté la source, sans abris, ni couvertures ou vêtements chauds. Les combats ont empêché les Banyamulenge - principalement des pasteurs tutsis congolais - de faire paître leur bétail sur de vastes étendues. La situation alimentaire est devenue critique, ont précisé d'autres sources humanitaires, car la dernière récolte a été massivement réduite par les besoins alimentaires des combattants.
Les Banyamulenge font également l'objet de harcèlement et leurs mouvements sont limités dans les villes orientales d'Uvira et Bukavu, a précisé une des sources. "Cette situation fait suite à des changements survenus au sein des autorités administratives du RCD [la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie], dont des membres Banyamulenge ont été démis de leurs postes à responsabilité."
Une organisation humanitaire a appelé la communauté internationale à mener l'enquête. "Les Nations unies et l'Union européenne devraient négocier avec le RCD et les autorités rwandaises l'organisation d'une mission d'évaluation des besoins humanitaires sur le plateau de Minembwe," ont indiqué les sources humanitaires. "Il faudrait diligenter une enquête des droits de l'homme à propos des informations faisant état de harcèlement et de restriction des personnes à Uvira et Bukavu. Par ailleurs, il faudrait demander au gouvernement burundais et au HCR [Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés] de revoir l’idée d'un transfert des réfugiés Banyamulenge au Burundi."
Au Burundi, le gouvernement a ordonné le transfert des Banyamulenge dans des camps de réinstallation de la province de Muyinga, au nord-est du pays. Cependant, les réfugiés sont récalcitrants et déclarent qu'ils deviendront la cible des forces hutues hostiles dans le nouveau camp, situé à proximité des frontières du Rwanda et de la Tanzanie. Ils craignent d'être arrêtés et déportés au Rwanda qui, selon eux, est "en guerre" avec leur peuple dans la région des plateaux du Sud-Kivu.
Parallèlement, l'agence d'information catholique, MISNA, a rapporté que le RCD soutenu par les Rwandais avait de nouveau capturé la ville de Pweto, sur la côte nord-ouest du pays. L'agence a également signalé de fortes tensions dans la région de Mungbere, à 140 kilomètres de la ville d'Isiro, au nord-est du pays, où les forces du RCD-Mouvement de libération dirigé par Mbusa Nyamwisi affrontent les troupes du Mouvement pour la libération du Congo dirigé par Jean-Pierre Bemba - leur ancien allié.
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