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Refugees International témoigne devant le Sénat américain

S'il n'est pas mis fin à l'insécurité qui prévaut, il ne saurait y avoir de développement durable en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré lundi Anne Edgerton, avocate à Refugees International (RI), au cours d'un témoignage devant le Comité des Relations extérieures, sous comité des affaires africaines du Sénat des Etats Unis.

Dans son témoignage sur l'actuelle crise humanitaire en RDC, et son commentaire sur le type d'assistance que les Etats-Unis pourraient fournir pour contribuer à une RDC paisible et stable, Mme Edgerton a souligné que la sécurité était le seul domaine le plus important que la communauté internationale doit traiter.

Elle a observé que dans nul autre endroit au monde qu'en RDC il existait un fossé aussi important entre les besoins humanitaires et la réponse de la communauté internationale. "Les efforts de la communauté internationale paraissent faibles et inefficaces, réduits par l'échelle des souffrances qu'ils tentent d'apaiser. Ce fossé ne sera réduit que si la paix est réalisée et si l'assistance humanitaire est substantiellement accrue », a-t-elle insisté.

Après de nombreux entretiens durant les trois années écoulées, RI a constaté que les civils congolais dans les parties orientales du pays étaient chaque fois plus à la merci des groupes armés, notamment des forces rebelles appuyées par les puissances régionales, des Maï-Maï et de l'Interahamwe, qui ont tué des civils, violé des femmes, capturé des enfants et volés des récoltes, en toute impunité, a-t-elle précisé.

Elle a affirmé que la majeure partie des violences qui se produisent encore dans l'est aujourd'hui sont totalement exemptes de raison politique ou stratégique ; c'est du banditisme pour permettre à des soldats non rémunérés de survivre. « Ceci rend la violence endémique et résistante à l'amélioration par le biais d'une action politique », a-t-elle opiné.

Mme Edgerton a indiqué que l'insécurité et le manque de fonctionnement du gouvernement avaient ouvert l'est de la RDC aux intérêts étrangers dans l'exploitation et l'usurpation des matières premières telles que le coltan, les diamants et le bois.

Elle a noté que l'insécurité entravait sérieusement et directement la livraison de l'assistance d'urgence. L'accès aux civils affectés par la guerre a été limité par deux facteurs importants: le territoire énorme de la RDC, qui ne dispose pas d'un réseau de transport en état de fonctionnement, et l'insécurité galopante, qui complique davantage la livraison dans l'est du pays et empêche souvent l'accès aux populations vulnérables pendant plusieurs mois.

Les enfants soldats sont monnaie courante au Congo, a-t-elle remarqué. Toutes les parties au conflit les emploient. Dans le contexte des Accords de paix de Lusaka, signés en 1999, la communauté internationale avait quelque peu réussi à stigmatiser le recrutement des enfants soldats, mais l'engagement des parties tendant à les démobiliser est largement resté un exercice de relations publiques. « Il est de la responsabilité collective de la communauté internationale de s'assurer que l'enrôlement des enfants dans les rangs des soldats ôte toute légitimité à un gouvernement ou à une force rebelle », a encore affirmé Edgerton.

Elle a rappelé que les Etats-Unis restaient l'un des principaux donateurs de la RDC, puisqu'ils ont versé plus de cent millions de dollars pour l'année fiscale 2001. Pendant la même année, la réponse des donateurs n'a atteint que 60 pour cent des fonds requis par l'Appel consolidé interinstitutions des Nations Unies. L'année fiscale en cours ne semble pas plus prometteuse, a-t-elle préconisé. "De ce fait, l'opération humanitaire de l'ONU n'en devient que plus difficile à cause du manque de financement ».

L'organisation a recommandé, entre autres, que les Etats-Unis, en leur qualité de membres de la communauté internationale, s'assurent que la Mission des Nations Unies en RDC (connue par son sigle français 'MONUC') remplisse son mandat actuel et qu'ils appuient l'expansion de la présence de ses troupes en RDC.

Elle a recommandé que les Etats-Unis accroissent leurs investissements dans l'Appel consolidé interinstitutions de l'ONU, qui est en particulier centré sur l'amélioration de l'infrastructure dans l'ensemble du pays, et appuient l'assistance humanitaire dans l'est.

Elle a aussi plaidé en faveur d'une réévaluation de la part des Etats-Unis de ses modes de distribution de l'assistance au développement de façon à garantir que les organisations communautaires de base soient les forces motrices dans la formulation et l'exécution des projets de développement ; et que les Etats-Unis nomment un coordinateur humanitaire de l'ONU pour l'est de la RDC - un haut fonctionnaire de haute stature qui travaillerait sous la direction de Kinshasa, mais qui aurait le poids et l'autorité nécessaires pour plaider en faveur d'une réponse humanitaire accrue dans l'est, et pour un accès accru de la part des belligérants.

[Le rapport complet se trouve à l'adresse: http://www.refintl.org/cgi-bin/ri/other?occ=00354&spotlight=1

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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