Cette déclaration officielle a été faite devant la commission politique du dialogue intercongolais qui se tient à Sun City, en Afrique du Sud.
Le gouvernement propose de créer un poste de premier ministre, et il est prêt à discuter de la possibilité de nommer des vice-présidents et des vice premiers ministres, a indiqué à IRIN le ministre de l'information Kikaya Bin Karubi, à l'issue de la réunion de la commission.
Mais il a précisé que la présidence continuerait d'être occupée par Joseph Kabila jusqu'à l'organisation des élections. "Ce dialogue ne servira pas à préparer un coup d'Etat," a-t-il affirmé.
Les deux principaux mouvements rebelles et l'opposition non armée ont aussi donné leur avis sur les institutions pendant la réunion. Les deux groupes rebelles souhaitent que les participants au dialogue choisissent le président et ils proposent tous deux des critères de nomination - qui excluraient M. Kabila. "Le président devrait avoir entre 35 et 70 ans, être né de parents congolais, et s'il a moins de 40 ans, il devrait avoir un diplôme universitaire," a déclaré Olivier Kamitatu, secrétaire général du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), mouvement de l'opposition armée soutenu par l'Ouganda. On dit que M. Kabila aurait 30 ans.
Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), mouvement de l'opposition armée soutenu par le Rwanda, suggère des critères identiques et il invite les participants au dialogue à désigner divers responsables de postes gouvernementaux. "Nous estimons que tout devrait être négocié ici, la présidence, la vice-présidence, les ministères, les postes de gouverneurs, et les ambassades clés," a déclaré Bizima Karaha, responsable du service de sécurité du RCD-Goma.
Le RCD, a ajouté M. Karaha, propose un président avec deux vice-présidents, un premier ministre avec trois vice-premiers ministres (ou ministres d'Etat) et un parlement formé de deux assemblées représentatives, une Chambre haute composée de représentants des entités fédérales et une Chambre basse désignée par les participants au dialogue.
Le MLC, pour sa part, ne propose pas de vice-président mais suggère quatre vice-premiers ministres (ou ministres d'Etat), et une seule assemblée représentative, dont 20 pour cent des sièges seraient alloués à chacun des cinq groupes participant au dialogue, selon M. Kamitatu.
Bien que l'opposition armée n'ait pu présenter un point de vue unanime, le chef de file d'un parti de l'opposition, Eugène Diomi Ndongala du Front pour la survie de la démocratie (FSD), qui regroupe une quinzaine de petits partis, a indiqué que la majorité des membres de l'opposition est en faveur d'un parlement composé de 500 députés, et d'un président du parlement assisté de quatre vice-présidents. Par ailleurs, le parti de l'opposition le plus connu, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), appelle à un système gouvernemental présidentiel.
Les discussions entre la délégation du gouvernement et l'équipe du facilitateur du dialogue se sont prolongées jusqu'à 4 heures du matin vendredi, a indiqué M. Karaha. Les observateurs ont remarqué que la longueur des discussions était au moins le signe de sérieuses négociations.
M. Ndongala a indiqué que les participants espéraient mettre en place des principes institutionnels d'ici lundi 1er avril, l'avant-dernière semaine avant l'échéance des 45 jours du dialogue qui a débuté le 25 février, afin que les candidats aux postes puissent se faire connaître.
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