L'onchocercose, appelée plus communément cécité des rivières, doit son nom à ses symptômes les plus extrêmes. La maladie se caractérise par une grave atteinte des yeux, pouvant conduire à la cécité; par des rougeurs, des lésions, des démangeaisons intenses et une dépigmentation de la peau; des difformités des parties génitales; et par une infirmité générale.
L'Organisation mondiale de la santé rapporte que sur les 36 pays où la maladie est endémique, 30 de ces pays se situent en Afrique sub-saharienne (plus le Yémen) et six en Amérique du Sud. Le nombre de personnes qui en souffre est estimé entre 17 et 18 millions.
Les minuscules larves des vers parasites - transmis par des mouches noires se reproduisant près des rivières - appelées microfilaires avaient jusqu'à présent été tenues responsables de la maladie, explique Nature, la mort des microfilaires entraînant une réaction du système immunitaire humain.
A partir de ses travaux sur une souris génétiquement modifiée, Eric Pearlman de Case Western Reserve University à Cleveland, Ohio, a découvert que les microbes Wolbachia à l'intérieur des vers parasites étaient probablement les coupables.
L'équipe de chercheurs dirigée par M. Pearlman a découvert que le ver débarrassé de ses bactéries ne provoquait pas de graves symptômes chez la souris testée mais que les vers chargés de Wolbachia avaient un effet dévastateur. Par ailleurs, les chercheurs ont constaté qu'un récepteur moléculaire de l'oeil était particulièrement sensible à ces microbes, précise Nature. Ce récepteur joue un rôle crucial dans la réaction immunitaire inflammatoire, qui peut conduire à une cécité chez l'homme semblable à la cataracte.
Le magazine indique que ces découvertes pourraient mener à de meilleures formes de prévention et de traitement de la maladie. "Il s'agit d'une découverte capitale - cela nous donne une idée plus précise de ce qui se passe," commente Alexander Trees de l'Institut de la médecine tropicale de Liverpool en Angleterre, cité par Nature. L'équipe de M. Trees a aussi récemment découvert que les vers parasites ont besoin des bactéries pour se reproduire, et que des antibiotiques pouvant détruire ces bactéries pourraient donc servir à stériliser les vers adultes.
La cécité des rivières se soigne actuellement avec des substances chimiques qui empêchent les vers adultes de se reproduire, et avec des insecticides pour tuer les mouches noires porteuses des vers. Nature conclut qu'à partir de ces nouvelles découvertes sur l'interaction des bactéries avec le système immunitaire humain, il serait possible aujourd'hui d'utiliser des vaccins ou d'autres médicaments pour stopper la maladie, au lieu de s'attaquer aux vers ou aux mouches.
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