La recommandation ministérielle intervient au lendemain de la parution de chiffres révélant que 6 000 personnes par jour, ou plus de trois millions par an, meurent à cause d'un assainissement en deça des normes.
Les ministres, réunis à Bonn, en Allemagne, à l'occasion de la Conférence Internationale sur l'eau fraîche, ont décidé de mettre l'eau, l'assainissement et l'hygiène au cœur de l'ordre du jour du développement durable en Afrique, en ajoutant qu'ils espèrent que le sommet, qui aura lieu en septembre prochain à Johannesburg, apportera des solutions tant nécessaires à la crise de l'eau et de l'assainissement en Afrique.
La déclaration a évoqué une série de problèmes auxquels il faudrait des solutions, notamment le fait que, avec une augmentation attendue de la population de 400 millions vers 2010, dix-sept pays africains au moins n'auront pas assez d'eau dans une décennie.
"Le manque d'eau va sévèrement restreindre la production alimentaire, la protection de l'écosystème et le développement socio-économique », souligne la déclaration.
De nos jours, a précisé la déclaration, plus de 300 millions de personnes en Afrique n'ont toujours pas un accès raisonnable à une eau salubre. « Bien plus ne disposent pas d'un assainissement adéquat », ajoute-t-elle.
La déclaration met aussi l'accent sur le fait que près de la moitié des habitants de l'Afrique a souffert de maladies véhiculées par l'eau ; que les habitats, les écosystèmes et les espèces aquatiques sont en péril à cause de la demande accrue en eau ; et sur l'absence d'accords entre les pays concernant un partage équitable des ressources en eau tels que les souterrains aquifères, les lacs et les rivières.
"Avec plus de 50 principaux bassins internationaux d'eau en Afrique", les procédures pour éviter ou pour résoudre les disputes internationales autour de l'eau sont largement inexistantes, ont noté les ministres.
Ils ont aussi invité les nations développées à se joindre aux efforts en tentant à nouveau d'atteindre les objectifs de l'aide au développement énoncé dans le Déclaration du Millénaire 2000.
Les pays africains et la communauté internationale devront entreprendre huit actions clé pour distribuer suffisamment d'eau propre et salubre aux habitants et à la nature.
Il faut centrer les efforts sur une série de questions, notamment:
La gouvernance du secteur de l'eau: y compris le renforcement de la politique, des réformes institutionnelles et législatives et de la décentralisation et de l'autonomisation des communautés locales pour aider à une bonne gestion des ressources de l'eau.
Un dialogue sur la politique intergouvernementale pour la sécurité de l'eau: notamment la construction d'un forum ministériel régional africain pour l'eau dans le but d'aider à surmonter les difficultés variées que l'Afrique confronte en matière de sécurité de l'eau et de santé.
Le financement du développement du secteur de l'eau: les ministres sont convenus de mobiliser des ressources pour relever les défis de l'eau et pour tenter de créer les conditions en vue d'attirer les investissements massifs nécessaires à l'eau et à l'assainissement.
Outre la RDC, ont souscrits à la déclaration en 17 points les ministres de l'Angola, du Bénin, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, de Djibouti, d'Egypte, de Gambie, du Ghana, de la Guinée-Bissau, du Lesotho, du Malawi, du Mali, des îles Maurice, du Mozambique, du Nigeria, du Sénégal, de l'Afrique du Sud, du Soudan, de la Tanzanie, du Togo et de l'Ouganda.
Les ministres ont également décidé de tenir en mars ou avril 2002 au Nigeria une réunion des 53 ministres africains chargés de l'eau.
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