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Forte hausse des dépenses de médicaments : de nouveaux antipaludéens et un accroissement des traitements antirétroviraux (ARV)

Malaria mosquito. Swiss Radio
The spread of malaria is being blamed on climate change
Le gouvernement ghanéen vient de publier des directives très strictes à l’attention des médecins généralistes en prévision d’une forte hausse des dépenses de santé.
Il recommande par ailleurs d’opter pour des médicaments plus onéreux mais plus efficaces pour traiter le paludisme et prévoit un accroissement important des traitements antirétroviraux (ARV) en faveur des personnes vivant avec le sida.

Ces directives, contenues dans un document de 517 pages, ainsi que la nouvelle liste de médicaments essentiels visent à fournir des traitements efficaces, mais à moindre coût, alors que le gouvernement prévoit une forte hausse de ses dépenses en médicaments par rapport aux six millions de dollars investis en 2004.

"Je ne peux pas donner de chiffre précis concernant le budget destiné à l’achat de médicaments cette année”, a indiqué à IRIN Sam Boateng, le responsable du service d’achat des médicaments au ministère de la Santé. “Mais les nombreux cas de résistance aux médicaments montrent clairement qu’il faut s’attendre à des dépenses supérieures à celles de 2004."

Selon le ministère de la Santé, les prescriptions médicales non réglementaires et l’usage inapproprié de certains médicaments expliquent l’augmentation des cas de tuberculose multirésistante aux médicaments, de pneumonie résistante à la pénicilline et de paludisme résistant à la chloroquine.

Sur les 20 millions d’habitants que compte le Ghana, près de trois millions se font soigner contre le paludisme chaque année. Selon le programme de lutte contre le paludisme, les autorités ont décidé de s’attaquer à cette maladie en remplaçant la chloroquine (utilisée jusqu’à présent comme traitement de base) par un antipaludique plus onéreux, l’artesunate-amodiaquine.

"Ce traitement coûtera désormais 1,30 dollars par rapport aux 10 cents dépensés autrefois pour traiter un cas de paludisme simple”, a indiqué Boateng. “Nous espérons qu’il y aura moins d’infections paludéennes au fil du temps et cela devrait réduire le coût de la facture des médicaments."

Selon les statistiques du gouvernement, le paludisme, une maladie potentiellement mortelle, représente 40 pour cent des pathologies traitées dans les services ambulatoires des hôpitaux du pays. Il touche plus durement les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

La responsable du Programme national des drogues, Martha Gyansa-Lutterodt, a confié à IRIN que les médicaments essentiels recommandés par les nouvelles directives de traitement représenteraient une "part importante" du budget de la santé en 2005.

"Nous veillerons à ce que les médecins généralistes appliquent scrupuleusement ces directives afin d’assurer une bonne qualité des soins de santé", a-t-elle ajouté.

Pour traiter la pneumonie, une association de médicaments sera désormais utilisée à la place de la pénicilline. Les médicaments contre la tuberculose ne changeront pas, mais les médecins continueront de rechercher des souches résistantes de la maladie.

"La panoplie de médicaments actuelle devrait être suffisante pour le moment, à moins qu’un nouveau cas de résistance majeure ne soit révélé. Mais nous surveillons de très près la situation et dès que nous serons informés qu’un changement de thérapie s’impose, nous l’appliquerons", a indiqué Boateng.

Les autres médicaments ARV pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA augmenteront aussi considérablement le montant de la facture des médicaments du gouvernement ghanéen. En 2004, le Ghana a dépensé près de 1,5 millions de dollars pour fournir à 2 100 personnes des médicaments antirétroviraux.

Les traitements sont largement subventionnés par l’Etat qui dépense 600 dollars par mois pour chaque personne sous traitement antirétroviral, le patient ne payant que cinq dollars.

Selon le ministère de la Santé, les ambitieux programmes visant à accroître le nombre de personnes sous traitement dans les deux prochaines années multiplieront par quatre le montant des dépenses destinées aux ARV, qui s’établiront à six millions de dollars en 2006.

La liste de médicaments essentiels et les directives de traitement ont été publiées en prévision du nouveau plan d’assurance nationale universelle obligatoire qui entrera en vigueur à la fin de l’année.

Jusqu’à présent, les patients devaient payer à l’avance leurs soins dans les hôpitaux publics, mais les sommes exigées dépassaient souvent les moyens financiers des citoyens moyens.

Désormais, pour une cotisation comprise entre huit dollars (dans le cas de personnes ayant un faible revenu) à 53 dollars (dans le cas des personnes aisées), les adhérents au plan d’assurance peuvent bénéficier d’une assurance médicale couvrant près de 90 pour cent des soins médicaux dans les hôpitaux publics.

Toutefois, le plan d’assurance ne couvre pas certains types de traitement très complexes tels que la chirurgie cardiaque.

Tout le personnel médical, les hôpitaux et les cliniques affiliés à ce plan devront se conformer à la nouvelle liste des médicaments essentiels et aux directives de traitement édictées par le gouvernement.

"Le gouvernement ne remboursera les institutions que sur la base des traitements et des prescriptions recommandés", a indiqué Gyansa-Lutterodt.

La liste de médicaments et les directives de traitement seront revues en 2006.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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