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Un couloir humanitaire ouvert pour les civils bloqués dans le nord-est

Brothers in arms… Congolese army troops and UN peacekeepers on joint patrol south of Bunia, the capital of Ituri district Richard Pituwa/IRIN
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a ouvert un couloir humanitaire pour permettre la sortie de centaines de civils pris entre les feux de l’armée et des milices rebelles dans la Province Orientale, dans le nord-est du pays.

« Nous avons décidé [d’ouvrir] ce couloir, car nous avons enregistré plusieurs centaines de morts et une morbidité sévère parmi la population civile bloquée entre les milices et les FARDC [Forces armées de la République démocratique du Congo]. Avec ce [couloir], ils vont sortir et rejoindre les zones sécurisées », a dit Rustic Avo, Vice-commissaire de district de l’Ituri.

Selon les autorités locales, au moins 5 000 civils sont bloqués depuis décembre 2009 dans la zone de Mukato Ngazi, à environ 100 km au sud de Bunia, suite à une grande offensive du gouvernement contre les rebelles à PotoPoto, Mokato et Tchey, au sud de Bunia, la ville principale du district d’Ituri.

« Ils ont soufferts et continuent de souffrir. Les FARDC les prenaient [pour] des milices [rebelles]… et les milices rebelles les [utilisaient] comme boucliers – ils les ont pillés, torturés et violés », a dit un notable Ngity local de la communauté des Walendu bindi qui a préféré garder l’anonymat.

Le 12 mars, la société civile des Walendu Bindi a dit que des soldats avaient ouvert le feu sur un groupe de femmes qui se rendaient dans les champs pour chercher des feuilles de manioc afin de nourrir leur famille. Six d’entre elles auraient été tuées, dont deux femmes enceintes.

Un groupe d'activistes étudiants, qui s’est rendu dans la région en mars, a exprimé son inquiétude.

« Nous [y] avons passé seulement quatre jours et avons enregistré 21 morts, ainsi que plusieurs tombes ici et là. La plupart des morts étaient [des femmes et des enfants] », a dit Adaba Masumbuko, président du groupe. Les étudiants ont également constaté un manque d’infrastructures sanitaires et d’écoles.

« J’ai dénombré près de 300 malades, qui ne pouvaient pas se tenir debout », a dit Kobvo Angaika, un autre membre du groupe. Ces personnes et leurs familles ne sont de toute évidence pas en état d'emprunter le couloir humanitaire, a-t-il ajouté.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a déployé deux camions dans le village d’Ozoba, dans le territoire d’Irumu, pour transporter les personnes déplacées qui sont affaiblies par les longues marches. 

Map showing Ituri region in the Democratic Republic of Congo
Photo: OCHA/ReliefWeb
Région de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo
Des morts en route


Selon M. Avo, le Vice-commissaire de district de l’Ituri, environ 10 civils sont morts lors du déplacement. Quatre autres sont morts à Aveba, à 90 km au sud de Bunia. « Nous avions pensé que les [personnes les] plus malades [seraient] évacuées par hélicoptère », a-t-il dit.

La Fédération luthérienne mondiale a commencé à distribuer de l’aide alimentaire à environ 47 000 personnes déplacées dans la région. Médecins sans frontières Suisse a également établi une aire médicale de transit à Aveba où les victimes de violences sexuelles sont soignées.

Jusqu’ici, la Commission mouvements de population de l’Ituri a recensé 167 000 personnes déplacées, dont 64 pour cent se trouvent à Irumu, au sud de Bunia, où l’armée a affronté le FRPI (Front de résistance patriotique en Ituri) et le FPJC (Front populaire pour la justice au Congo).

Selon le programme national de désarmement, environ 2 000 de ces miliciens n’ont pas encore rendu les armes.

Les autorités du district constatent toutefois qu’il est difficile de chiffrer le nombre exact de personnes déplacées, certains ayant trouvé refuge en Ouganda.

Selon la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), les milices rebelles essayent de se réapprovisionner en munitions et en nourriture suite aux récentes opérations menées contre elles par l’armée et la MONUC. 

En ce moment, la zone au sud de Bunia reste dangereuse et les Nations Unies utilisent une escorte militaire pour y accéder, a dit Jean-Charles Dupin, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires dans la Province Orientale. 

rp/aw/cb/gd/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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