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Les violences continuent d’inciter les familles de RCA à partir

Children from Central African Republic, at a UNICEF kindergarten in the border village of Daha. The children are among some 18,000 people who fled from CAR into southern Chad in early 2009 Celeste Hicks/IRIN
Les organisations humanitaires se hâtent d’acheminer des vivres et d’autres aides auprès de quelque 18 000 hommes, femmes et enfants de République centrafricaine, qui ont fui pour se réfugier dans le sud du Tchad, et dont la plupart ont trouvé refuge près de la frontière. Les pluies attendues dans les prochaines semaines les empêcheront bientôt de se rendre auprès de ces réfugiés, selon les travailleurs humanitaires. 

Pas moins de 100 Centrafricains continuent d’affluer chaque jour au Tchad, ayant fui pour échapper aux attaques armées menées contre les populations civiles, et aux affrontements qui opposent les rebelles aux forces armées du gouvernement, dans le nord de la RCA.

« La saison des pluies a presque commencé et bon nombre de ces routes [qui mènent aux camps de réfugiés] vont devenir impraticables », a déclaré à IRIN Annette Rehrl, porte-parole de la branche tchadienne du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). « En gros, cela signifie que les réfugiés vont être coupés du monde ».

« La situation est pour le moment sous contrôle mais les conditions d’accès difficiles à cette zone durant la saison des pluies restent une préoccupation pour tous », pouvait-on lire dans un bulletin publié récemment par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

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D’après les responsables du HCR, les réfugiés ne seront pas réinstallés ailleurs ; selon la politique de l’organisme, pourtant, les camps de réfugiés devraient se trouver à plus de 50 kilomètres des frontières. Le village de Daha, où sont installés environ 11 000 des 18 000 refugiés, se trouve à quelques mètres à peine de l’Awok, la rivière qui délimite la frontière entre le Tchad et la RCA.

Les réfugiés ne seront pas réinstallés ailleurs, a indiqué à IRIN Måns Nyberg, du HCR. Le gouvernement n’a pas accepté de leur affecter une zone, et la plupart des réfugiés ont dit souhaiter rester près de la frontière, a-t-il déclaré.

Selon Mahamat Nour Abdoulaye, coordinateur de la Commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés (CNAR), un organisme public, les réfugiés ont déclaré, pendant les missions menées par la CNAR dans la région, qu’ils ne souhaitaient pas se réinstaller ailleurs.

« Pour l’instant, nous ne prévoyons pas de réinstaller les réfugiés. Si nous devions les réinstaller, ce serait dans un autre département, à quelque 200 kilomètres de là ; ils ont dit qu’ils préféraient rester où ils étaient ».

Bien qu’ils se trouvent à proximité de la frontière, les réfugiés sont en sécurité, à l’heure actuelle, a noté M. Abdoulaye.

Un grand nombre de réfugiés ont déclaré à IRIN qu’ils ne voulaient pas être réinstallés plus à l’intérieur du territoire tchadien et laisser derrière eux les membres de leur famille qui se sont réfugiés dans la brousse, en RCA. 

Central Africans who fled into southern Chad in early 2009
Photo: Celeste Hicks/IRIN
Bon nombre de réfugiés déclarent vouloir rester près de la frontière entre le Tchad et la RCA, pour ne pas perdre contact avec les membres de leur famille qui se sont réfugiés dans la brousse, dans le nord de la RCA
Des réfugiés vivent également dans le village frontalier de Massambagne, à une centaine de kilomètres au nord-est de Daha. « Nous sommes particulièrement inquiets pour Massambagne, qui ne compte qu’un seul puits pour 1 000 habitants et plus de 1 000 réfugiés », a indiqué Ahmat Issa Outman, directeur par intérim des bureaux du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) à Daha.

Les autres réfugiés se trouvent à Betimera et Koi, plus au nord.

L’UNICEF et l’ONG Solidarité se hâtent de creuser des puits avant les prochaines pluies, ont expliqué des travailleurs humanitaires à IRIN.

Quant au Programme alimentaire mondial (PAM), il a commencé à préacheminer des vivres afin que ceux-ci soient disponibles avant les premières pluies. Les familles ont reçu dernièrement des réserves de farine de maïs, de légumes secs et d’huile suffisantes pour deux mois, selon Jacques Baikita, assistant responsable de la protection au HCR, à Daha.

Les Centrafricains de Daha ont déclaré à IRIN que les civils étaient piégés entre deux feux, et que certains étaient accusés par le gouvernement de soutenir les rebelles.

Les 18 000 refugiés (qui ont fui par vagues depuis janvier) portent à environ 70 000 le nombre de Centrafricains qui se sont réfugiés au Tchad ces six dernières années, pour échapper au conflit armé.

ch/np/aj/nh

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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