« Etant donné que certains Etats ont une frontière commune avec la République nigérienne, nous avons adopté une stratégie préventive consistant à déclarer l’alerte rouge dans ces Etats », a indiqué Babatunde Osotimehin, ministre nigérian de la Santé, le 4 février.
Les Etats du Nigeria considérés comme les plus exposés au risque d’épidémie sont Katsina, Sokoto, Kano, Kebbi et Jigawa.
Depuis le 1er février, les responsables de la santé nigérians ont fait état de 15 cas de décès dus à la méningite et de plus de 200 hospitalisations dans l’Etat de Katsina, un des Etats du Nigeria les plus proches de Zinder, région touchée du Niger.
« [Nous avons décidé] de redoubler d’efforts pour nous assurer de freiner la propagation de la maladie afin qu’elle n’explose pas pour se transformer en épidémie, étant donné sa nature extrêmement contagieuse », a expliqué un responsable de la santé de l’Etat de Katsina, sous couvert de l’anonymat.
La bactérie responsable de la méningite attaque la moelle épinière ou l’enveloppe qui entoure le cerveau ; elle peut provoquer la paralysie, la surdité, des troubles nerveux, et peut entraîner la mort, selon l’OMS.
Le gouvernement nigérian a annoncé un renforcement de la surveillance et une amélioration des laboratoires dans les 44 Etats du pays, une meilleure sensibilisation de la population à la maladie et des distributions de chloramphenicol, l’antibiotique administré pour soigner la méningite.
A Kano, l’Etat le plus peuplé du Nigeria, limitrophe de Katsina, des messages radio sur les méthodes de prévention de l’infection ont commencé à être diffusés, selon Aisha Kiru, commissaire étatique à la santé. La commissaire a déclaré à IRIN que les responsables de la santé rappelaient aux populations de garder ouvertes les fenêtres de leurs chambres à coucher et « d’assurer une ventilation » où qu’ils soient.
La maladie se transmet d’une personne à une autre par les gouttelettes de salive projetées dans l'air par le nez et la gorge, selon l’OMS. L’agence onusienne estime que jusque 25 pour cent de la population (plus encore dans les zones épidémiques) pourrait être porteuse de la bactérie à une période donnée, sans pour autant être infectée.
« Nous avons mobilisé les chefs des localités, le personnel de santé publique et les autorités publiques locales dans le cadre des campagnes [éducatives], aux quatre coins de l’Etat », a dit Mme Kiru à IRIN.
La commissaire a prédit des conséquences « désastreuses » si l’épidémie déclarée au Niger débordait dans le pays.
En 1996, l’Afrique a connu l’épidémie de méningite la plus importante jamais observée dans l’histoire, avec plus de 250 000 cas et 25 000 décès recensés, dont plus de 1 000 au Nigeria.
En Afrique de l’Ouest, pendant la période de soudure, qui dure généralement d’octobre à juin, les vents de sable et les nuits froides provoquent une augmentation des cas d’infection respiratoire, selon l’OMS. L’infection se propage particulièrement rapidement dans les zones d’habitations surpeuplées.
aa/pt/np/nh/ail
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions