Des soldats ont encerclé un camp de la police et deux membres des forces de l’ordre ont été tués le 17 juin, au deuxième jour du mouvement de grève des policiers, lancé à Conakry, capitale de la Guinée, pour l’obtention de rappels de salaire.
Selon le correspondant d’IRIN à Conakry, les soldats se sont livrés au pillage du camp de la police, entassant du mobilier et des réfrigérateurs à l’arrière de leurs camions militaires.
Le 16 juin, les policiers ont commencé à tirer en l’air devant le camp, incitant les officiers de l’armée à l’encercler et à ouvrir le feu, eux aussi, pour tenter de réprimer les manifestants.
La plupart des tirs ont été entendus entre le pont du 8 novembre et le camp du quartier de Cameroun, à Conakry.
Ces manifestations surviennent tout juste deux semaines après les émeutes qui ont eu lieu dans trois camps militaires de la capitale, provoquées par des soldats pour exiger le versement de leurs primes.
À l’issue de pourparlers d’urgence, le gouvernement avait consenti à verser à chaque soldat 1 140 dollars de rappel de salaire. Plus de 100 personnes avaient été blessées au cours des manifestations.
Les policiers ont commencé à manifester le 16 juin, appelant au versement de leurs arriérés de salaire, à l’augmentation de leur subvention mensuelle sur le riz, et à une revalorisation des salaires. Les officiers de police ont également pris en otage plusieurs de leurs chefs le 16 juin, les libérant plus tard dans la soirée.
Le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré et les représentants des forces de l’ordre ont engagé des pourparlers d’urgence pour débattre de la question, selon Alpha Kabine Kaba, membre des forces de police, bien que le gouvernement n’ait pas confirmé l’information.
Selon certains observateurs, les policiers ont imité l’armée, leurs actions ayant porté leurs fruits. Les habitants du quartier de Cameroun ont été enjoints par l’armée de ne pas quitter leur domicile.
« Nous appelons tous les civils à rester chez eux, sinon ils risqueraient de mourir », a crié un soldat, près du pont du 8 novembre. Les magasins et les stations-service de la zone sont fermés.
Les agents des douanes se sont également joints au mouvement de grève policière, paralysant les activités du principal port de la capitale, selon Baoury Mara, douanier. « Nous pouvons manifester, nous aussi, pour obtenir une amélioration de nos conditions [de travail]. Rien ne passe plus, ni dans un sens ni dans l’autre, ici ».
Le mouvement de grève policière est la deuxième crise survenue dans le pays depuis la nomination récente de M. Souaré au poste de Premier ministre par le président Lansana Conté, dans le cadre d’un remaniement ministériel surprise, à la fin du mois de mai.
Selon les analystes, la Guinée fait planer une menace d’instabilité politique et militaire sur une région d’Afrique qui, outre cela, progresse vers une meilleure gouvernance et une plus grande stabilité.
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