La suspension des pourparlers entre les principaux partis politiques kényans, annoncée le 8 avril, pourrait ralentir ou interrompre les progrès réalisés en vue du retour de milliers de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), selon des responsables humanitaires.
« En conséquence de cela [la suspension des pourparlers], le processus engagé pour prendre les dispositions nécessaires au retour des PDIP risque d’être ralenti ou suspendu », a indiqué Jeanine Cooper, directrice du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires au Kenya (OCHA-Kenya).
« Les organisations humanitaires continueront néanmoins d’aider les PDIP, où qu’ils soient ».
Le Mouvement démocratique orange (ODM), parti d’opposition, a suspendu les pourparlers avec le Parti de l’unité nationale (PNU) du président Mwai Kibaki, pourparlers qui portaient sur la formation d’un gouvernement de coalition, en vertu d’un accord signé en février.
« Nous avons convenu que les négociations […] seraient suspendues jusqu’à ce que le PNU reconnaisse pleinement l’accord sur le partage égal du pouvoir et le principe de partage équitable des postes clés », a déclaré Anyang' Nyong'o, secrétaire général de l’ODM, lors d’une conférence de presse qui se tenait à Nairobi, la capitale.
L’annonce de l’ODM a donné lieu à des manifestations chez les militants du parti, qui ont allumé des feux de joie dans les rues d’un bidonville de Nairobi.
Selon Mme Cooper, les organisations humanitaires ont déjà commencé à ramener les PDIP et la suspension des pourparlers pourrait constituer un revers par rapport aux progrès réalisés jusqu’ici.
Anthony Mwangi, responsable des relations publiques à la Société de la Croix-Rouge kényane (SCRK), a déclaré à IRIN que la Société ainsi que d’autres organisations humanitaires continueraient à aider les PDIP, quelle que soit l’issue des pourparlers politiques.
Selon lui, néanmoins, il importe de résoudre rapidement les problèmes politiques qui handicapent le pays « car c’est de cela que dépend la réinstallation rapide des PDIP ».
Dans un communiqué, l’Union européenne a également exprimé des préoccupations sur le fait qu’aucune annonce n’avait été faite, le 6 avril, sur la formation d’un cabinet de coalition.
« L’UE partage ses préoccupations [celles de Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies] et prie instamment les parties de maintenir l’impulsion actuelle en vue d’une réconciliation, en formant, le plus rapidement possible, un gouvernement de coalition efficace et performant, qui reflète un authentique partage des pouvoirs entre les partis kényans », a déclaré l’UE, le 7 avril.
« Il s’agit d’une étape clé, dont dépend la mise en application de l’accord ».
Photo: UNICEF ![]() |
| Vue aérienne d'un camp de déplacés internes dans la province de la vallée du Rift |
Plus de 1 500 Kényans sont morts et quelque 350 000 autres ont été déplacés entre janvier et février, en raison des flambées de violence qui ont secoué plusieurs régions du pays à la suite des élections présidentielles controversées du 27 décembre 2007.
Depuis lors, des milliers de personnes sont rentrées chez elles, et d’autres se sont installées sur les « terres de leurs ancêtres ». Toutefois, selon l’équipe inter-organisations pour le Kenya, environ 202 470 PDIP vivent encore dans 235 camps en ce mois d’avril. L’accord de coalition portant création du gouvernement d’union nationale a été négocié par M. Annan. Il a depuis lors été intégré à la Constitution, mais sa mise en œuvre dépend de la nomination d’un cabinet.
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