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Poursuite des opérations humanitaires malgré l’état d’urgence

Bien qu’elles aient affirmé que l’état d’urgence décrété la semaine dernière par le gouvernement n’entraverait pas leurs opérations, les organisations humanitaires se sont dites inquiètes pour leur sécurité.

« Ces dernières années, nous avons plus ou moins travaillé dans les conditions [d’un état d’urgence] », a indiqué Nicolas Palanque de CARE, une organisation non-gouvernementale (ONG). « Il y a des pics d’insécurité, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas été pris pour cible parce que nous représentons une organisation humanitaire ».

Pourtant, a-t-il ajouté, le braquage des véhicules des organisations humanitaires et les attaques lancées contre leurs locaux sont des signes qui laissent penser que cela pourrait changer.

« Actuellement, la tendance est légèrement différente », a précisé M. Palanque.

Plusieurs représentants des Nations Unies s’accordent à dire qu’au Tchad, les localités où les travailleurs humanitaires sont menacés se sont multipliées. « Il y a beaucoup d’endroits tendus, actuellement », a expliqué à IRIN Eliane Duthoit, responsable du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à N’Djamena. « Pendant un moment, N’Djamena était considérée comme un havre de paix. Désormais, ce n’est plus le cas. Au cours des deux dernières semaines, nous avons reçu des menaces des deux camps ».

Le 15 février, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a publié un communiqué indiquant qu’un groupe armé inconnu l’empêchait de transférer 179 familles de réfugiés, récemment arrivées de l’Ouest-Darfour, hors des camps de la zone frontalière instable de l’est tchadien.

Dans la soirée du 14 février, le président tchadien Idriss Déby a décrété l’état d’urgence à la suite d’une offensive rebelle sur N’Djamena, la capitale, qui a fait au moins 160 morts et de nombreux blessés début février.

À la différence des précédents états d’urgence décrétés au cours de dernières années, le tout récent s’applique à l’ensemble du pays.

Il donne au gouvernement le pouvoir de contrôler la presse, d’imposer un couvre-feu de minuit à six heures du matin, et de perquisitionner des maisons sans commission rogatoire.

L’état d’urgence permet également au gouvernement central de se substituer aux autorités locales, ont indiqué des sources diplomatiques qui ont requis l’anonymat. Ces mêmes sources se sont dites préoccupées à l’idée que des citoyens pourraient faire l’objet de perquisitions et de détentions arbitraires.

Depuis quelques jours, les rues de N’Djamena sont calmes. La plupart des boutiques ont rouvert et la circulation a repris son cours normal, malgré l’augmentation du nombre de militaires dans les rues de la capitale.

Mais les signes des combats de rue qui s’y sont déroulés au début du mois de février sont partout présents dans la ville, avec ces monuments noircis et ces édifices criblés d’impacts de balles.

Les prochains mois seront déterminants pour les organisations humanitaires alors qu’elles tentent d’acheminer par avance l’aide d’urgence dans l’est tchadien ravagé par la guerre, avant la saison des pluies, qui démarre au début du mois de juin.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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