Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont commencé à déployer des forces de police et de sécurité près de la frontière soudanaise après le retrait des troupes de l’Armée de libération du peuple soudanais (SPLA), qui occupaient la région depuis une décennie, ont révélé les autorités de la RDC.
« C’est le 3 février (dimanche) que nous avons hissé le drapeau congolais à Kengezi Base pour retrouver notre intégrité territoriale. Ils [les combattants de la SPLA] ont accepté de se retirer sans conditions. Nous–mêmes avons privilégié une issue à l’amiable sans chercher à créer d’autres problèmes », a dit à IRIN Dieudonné Rwabone, le commissaire du district de l’Ituri (Nord-est).
C’est en 1998 que la SPLA, un ancien groupe rebelle qui constitue à présent l’armée officielle du Sud-Soudan, a implanté une base à Kengezi, une localité qui se situe au carrefour de la frontière soudano-ougando-congolaise, à quelque 350 kilomètres au nord de Bunia, la capitale de l’Ituri.
C’était aussi l’année du déclenchement de la guerre civile en RDC, conflit qui a duré cinq ans. Les mouvements rebelles de la RDC avaient convaincu les combattants de la SPLA de se battre à leurs côtés contre le gouvernement de Kinshasa, la capitale de la RDC.
« C’est vraiment la joie pour la RDC car ces éléments de la SPLA percevaient des taxes à la frontière et ont provoqué à plusieurs reprises des déplacements de population », a dit Lewis Mawa, l’administrateur du territoire d’Aru, qui englobe Kengezi Base.
Le 24 janvier, un affrontement entre les combattants de la SPLA et des troupes des FARDC, les forces armées de la RDC, avait provoqué le déplacement de 1 200 habitants de Kengezi.
« La plupart de leurs combattants étaient postés de l’autre côté de la frontière [au Soudan]. À Kengezi Base, ils avaient déployé une trentaine de combattants. C’est l’affrontement du 24 janvier qui a précipité l’arrivée du gouverneur de la province Orientale [qui englobe l’Ituri] pour la signature de l’accord » avec le gouverneur de la province de l’Equateur central, au Sud-Soudan, a ajouté M. Mawa.
Conformément à l’accord, les soldats des FARDC se sont aussi retirés de la ville, laissant aux forces de police le soin de protéger les habitants. Les civils soudanais vivant du côté congolais de la frontière ne seront pas inquiétés. Les autorités des deux pays se rencontreront régulièrement pour aborder toutes les questions litigieuses qui pourraient dégénérer en conflit.
D’autres villages sont repassés sous souveraineté congolaise depuis la signature de l’accord, notamment les villages de Likou, Kendrio, Nyayi Base, Agoroba, Arile et Inkengesi Base.
Depuis la fin des années 1990, cette région de la RDC est le fief de bon nombre de groupes armés nationaux et étrangers. Comme la SPLA, plusieurs groupes rebelles ougandais, dont l’Armée de libération du Seigneur (LRA), avaient des bases dans la région.
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