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Poursuite du déplacement des populations civiles malgré la conférence sur la paix

Des milliers de personnes continuent de fuir pour échapper aux affrontements sporadiques qui ont toujours lieu dans l’est troublé de la République démocratique du Congo (RDC), bien que les belligérants se soient engagés à cesser le combat pendant la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Kivu, selon un responsable du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« Suite à l’escalade du conflit armé en décembre 2007, des milliers de civils se sont retrouvés pris au piège entre diverses forces belligérantes et ont été contraints de fuir les zones de combat, en dépit du cessez-le-feu décrété et malgré la perspective de la conférence sur la paix de Goma de janvier 2008 », a indiqué Gabriel Wolde Saugeron, coordinateur de communication du CICR.

« Les affrontements se sont poursuivis jusqu’aux derniers jours de l’année 2007 », a-t-il ajouté.

La conférence de paix n’a démarré que le 9 janvier à Goma (est), capitale du Nord-Kivu, après plusieurs jours de retard, dus à des problèmes logistiques et à des querelles sur la désignation des délégations habilitées à participer à la conférence.

D’après Kemal Saiki, porte-parole de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), bien que les tensions aient progressivement été contenues et que l’armée ait poursuivi ses opérations pour stabiliser le Nord-Kivu, les affrontements sporadiques entre combattants se sont poursuivis.

« Des affrontements ont lieu de temps en temps à l’ouest de Kitchanga, dans la région de Mweso et aux alentours de Rumangabo-Kalengera », a indiqué M. Saiki.

Les parties au conflit dans le Nord-Kivu sont : l’armée régulière de la RDC, les soldats insurgés fidèles au général dissident Laurent Nkunda, d’anciens soldats de l’armée rwandaise et les milices responsables en grande partie du génocide rwandais de 1994, et plusieurs groupes armés congolais alliés, du nom de Maï Maï.

Ces derniers mois, des centaines de milliers de civils de la province ont fui.

Selon M. Saki, pas plus tard que le 5 janvier, des affrontements entre les troupes de M. Nkunda et les Maï Maï ont été signalés dans le village de Kashuga, 17 kilomètres au nord-est de Mweso. Ces affrontements n’auraient fait aucune victime, mais la population civile s’est réfugiée dans la forêt la plus proche, a-t-il précisé.

« Les civils déplacés au cours des dernières hostilités sont particulièrement vulnérables : pour bon nombre d’entre eux, c’est la deuxième voire la troisième fois qu’ils se trouvent obligés de fuir avec leurs familles », a expliqué M. Saugeron.

Certains ont été dépouillés de leurs biens et d’autres ont été victimes d’agressions physiques, notamment de viols, pendant leur fuite.

Selon les informations recueillies sur le terrain, certaines personnes récemment déplacées de la région de Masisi auraient trouvé refuge dans des camps, à Goma, a expliqué M. Saugeron.

« Bon nombre d’autres personnes ont fui vers le nord et trouvé refuge dans les villes de Nyanzale, Kibirizi et Kanyabayonga, des localités proches des zones de combat, donc difficilement accessibles par les organisations humanitaires », a-t-il ajouté.

Ces problèmes d’accessibilité concernent également un nombre inconnu de personnes ayant fui vers la région de Kilolriwe et de Kitchanga.

Selon les estimations du CICR, plus de 5 000 civils ont traversé la frontière pour se réfugier en Ouganda.


Photo: Olu Sarr/IRIN
Ville de Goma où se tient la conférence sur la paix

Un groupe de plus de 2 000 familles (10 000 personnes) a fui les zones de combat de la ville de Sake ; selon le CICR, ce nombre devrait augmenter avec l’arrivée de nombreux autres déplacés à Kalehe, dans le Sud-Kivu.

« Certains nouveaux arrivants ont été regroupés dans la ville de Minova, au Sud-Kivu. Il n’existe aucune structure pour héberger ces déplacés, dont certains sont dépourvus de tout et ont d’énormes difficultés à satisfaire leurs besoins les plus élémentaires », a dit M. Saugeron.

Parallèlement, la délégation des forces fidèles à M. Nkunda a regagné la conférence sur la paix le 11 janvier, un jour après l’avoir quittée pour protester contre la brève arrestation d’un des leurs, pris à tort pour l’assassin en fuite de l’ancien président Laurent Kabila.

« Nous regagnons la salle [de conférence] et nous espérons prendre la parole parce qu’on nous a donné des garanties pour notre sécurité », a expliqué Kambasu Ngeve, chef de la délégation de 10 membres représentant le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de M. Nkunda.

La délégation du CNDP avait exigé des garanties pour sa sécurité après que le major Séraphin Mirindi eut été confondu avec le colonel Georges Mirindi, un des gardes du corps de feu le président Kabila, recherché pour complicité d’assassinat.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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