Le gouvernement burundais et le dernier groupe rebelle encore actif sur le territoire devront conclure un accord de paix définitif d’ici à la fin de l’année, a annoncé Charles Nqakula, ministre sud-africain de la sûreté et facilitateur dans le processus de paix inter-burundais.
« Nous avons reçu pour instruction de l’Union Africaine d’achever notre mission d’ici à la fin de l’année », a affirmé le 29 août à IRIN M. Nqakula, après sa rencontre avec le président du Burundi, Pierre Nkurunziza.
Les Forces nationales de libérations (FNL), un mouvement dirigé par Agathon Rwasa, est le dernier groupe rebelle encore actif dans le pays, malgré la signature d’un accord de cessez-le-feu conclu avec le gouvernement en septembre 2006.
Le 17 juin, M. Nkurunziza avait rencontré M. Rwasa en Tanzanie. Le Président burundais avait accepté de réactiver cet accord de paix et de libérer les membres du FLN emprisonnés au Burundi. Selon certains détracteurs, si cet accord porte effectivement sur des questions de sécurité, il n’apporte aucun éclaircissement sur la question du partage des pouvoirs alors que les FNL avaient indiqué vouloir participer aux prises de décisions du gouvernement.
A en croire M. Nqakula, le porte-parole des FNL, le pasteur Habimana, avait confirmé à l’Afrique du Sud la volonté de son mouvement « d’adhérer à nouveau au Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance, chargé de veiller à l’application des modalités de l’accord de cessez-le-feu, mais qui n’a jamais été vraiment opérationnel ».
M. Nqakula n’a pas fixé de date pour la reprise des pourparlers ; cependant, un sommet des chefs régionaux se tiendra bientôt pour relancer le processus de paix.
Le groupe des FNL se s’est ensuite scindé en deux factions, dont l’une était favorable à la poursuite de la guerre, alors que l’autre était disposée à engager des pourparlers de paix avec le gouvernement.
Forte de plus d’une trentaine d’hommes, la faction favorable à la guerre s’est retirée dans la forêt de la commune de Buterere, au nord de Bujumbura. Les autorités locales s’étaient alors inquiétées de la présence de ces hommes armés qui pouvaient s’en prendre à la population lorsqu’ils sortaient leur cachette pour rechercher de la nourriture.
Concernant la question relative à la scission du mouvement des FLN, M. Nqakula a déclaré :
« Nous n’intervenons pas dans ces problèmes internes, mais nous avons reçu des instructions nous demandant d’accélérer les négociations avec toutes les parties qui souhaiteraient y prendre part ».
Des actes de banditisme et des massacres sont de plus en plus fréquents dans les différentes provinces du Burundi, notamment à Bujumbura Rural, Bubanza ou à Bururi, des régions où on note la présence de combattants FLN.
« Certains combattants des FLN pourraient aussi être impliqués dans des cambriolages, mais il arrive que des bandits armés se fassent passer pour des miliciens de ce mouvement alors qu’ils ne le sont pas réellement », a affirmé M. Nkurunziza, après sa rencontre avec M. Nqakula.
M. Nkurunziza n’a fait aucun commentaire sur les scissions au sein du mouvement FLN. Toutefois, il a affirmé que le gouvernement ne s’intéressait « qu’au mouvement disposé à œuvre pour l’accélération du processus de paix ». Le président Nkurunziza a également salué la volonté des leaders des FNL qui souhaitent revenir à la table des négociations.
Le gouvernement était prêt à faire avancer le processus de paix et à appliquer l’accord de cessez-le-feu, a dit le Président.
Ancien dirigeant rebelle, lui aussi, M. Nkurunziza, a remporté les élections de 2005 qui ont mis fin à 13 années d’une guerre civile qui a fait quelque 300 000 morts et des centaines de milliers de déplacés.
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