Quelques jours après les fusillades qui ont eu lieu à Port-Harcourt et ont entraîné la fuite de bon nombre d’habitants, l’armée semble avoir repris le contrôle de la situation dans cette ville du sud du Nigeria.
« Les soldats sont partout dans la ville et paraissent très déterminés », a indiqué George Aneh, un chauffeur de la ville de Port Harcourt que le correspondant d’IRIN a réussi à joindre au téléphone, le 17 août.
« A chaque coin de rue on voit des civils descendre de leur voiture, les mains en l’air, pendant que les soldats fouillent leur véhicule à la recherche d’armes », a-t-il ajouté.
« Les soldats ne vous regardent pas ou ne semblent même pas intéressés par des pots-de-vin ».
Dans la ville de Port-Harcourt, la circulation était plus fluide que d’habitude, et les banques et boutiques avaient rouvert, a précisé M. Aneh. Malgré une forte présence militaire, l’Etat d’urgence n’a pas été décrété dans la ville, ont indiqué les autorités de la ville.
Selon plusieurs journalistes, le gouvernement a décrété un couvre-feu le 17 août, de 18 heures à 6 heures du matin, et la ville est étrangement calme le soir, a souligné M. Aneh.
Les échanges de tirs ont commencé aux premières heures de la matinée du 16 août, après le raid lancé contre un secteur du quartier de Makoba censé abriter Soboma George, le chef d’une milice locale.
D’après les différents bilans fournis par le gouvernement, au moins 32 personnes ont été tuées au cours des combats, dont une majorité de miliciens et leur chef Soboma George.
Dans la soirée du 16 août, Celestine Omehia, gouverneur de l’Etat de Rivers, avait fait une déclaration sur les ondes de la radio locale pour annoncer le retour à la normalité à Port Harcourt. Toutefois, aucun retrait immédiat des forces de sécurité n’avait été envisagé car, avait-t-il indiqué, « un retour de ces mécréants était toujours possible ».
L’instabilité qui prévaut depuis près de deux décennies dans la région pétrolière du delta du Niger a dégénéré au cours des dernières années en une insurrection armée dont l’une des principales revendications est le contrôle de la manne pétrolière de la région.
Les groupes criminels sont devenus de plus en plus puissants, multipliant les rackets et le siphonage de carburant sur le réseau de pipelines qui desservent la région.
Selon plusieurs rapports, les fusillades des deux dernières semaines auraient fait des dizaines de morts et au moins 72 blessés dans la ville.
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