L’insécurité dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a entraîné le déplacement de quelque 650 000 civils, le plus important nombre de déplacés du conflit qui secoue la région au cours des trois dernières années, a indiqué le porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
« Ces trois dernières années, la province a connu les plus graves problèmes de déplacements internes, plus de 163 000 déplacés supplémentaires ayant été enregistrés depuis le mois de janvier », a expliqué le 16 juillet à IRIN Jens Hesemann, le porte-parole du HCR.
Les 13 et 14 juillet, le HCR, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a distribué des couvertures, des ustensiles de cuisines et du savon à près de 10 000 déplacés de la région du Buganga, dans le Nord-Kivu, dont la plupart sont hébergés par des familles locales ou ont trouvé refuge dans des écoles ou des édifices publics.
Les combats entre les groupes armés et les éléments des forces armées nationales ou les affrontements entre milices rivales dans le Nord-Kivu ont aggravé ces dernières années la crise humanitaire qui secoue cette région ravagée par la guerre.
Dans la guerre que se livrent les groupes armés, les populations civiles sont souvent prises pour cibles, le nombre le plus important de déplacés ayant été enregistré en 2006, lorsque les populations villageoises fuyaient les miliciens du général dissident Laurent Nkunda.
Selon M. Hesemann, les déplacés étaient devenus un poids pour les communautés d’accueil qui éprouvaient des difficultés à les prendre en charge, dans une région de plus en plus instable. Le HCR a également dépêché des équipes d’encadrement pour assurer de meilleures conditions de vie dans les camps, a-t-il ajouté.
« Nous ne savons pas si, parmi les déplacés auxquels nous avons fourni une assistance, certains ont été victimes de vols de la part de bandes armées », a ajouté M. Hesemann.
Les travailleurs humanitaires craignent que l’aggravation de l’insécurité n’entrave les opérations d’assistance aux populations civiles vulnérables.
« Dans les prochains jours, nous envisageons de visiter d’autres sites de la région de Kisharu où la situation se dégrade rapidement. Nous avons contacté les troupes de la MONUC [Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo] pour que des équipes mobiles soient déployées dans les régions où les déplacés ont besoin d’une protection physique », a ajouté M. Hesemann.
Le HCR a par ailleurs appelé les groupes armés à mettre fin aux attaques contre les populations civiles, aux incendies criminels, aux pillages et aux viols, a-t-il affirmé.
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