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L’Etat maintient l’embargo sur l’exploitation des diamants

Deux mois après la levée de l’embargo sur les exportations de diamants du Liberia, imposé il y a six ans par les Nations Unies, les autorités libériennes n’ont toujours pas légalisé l’exploitation des mines diamantifères.

« Pour l’instant, il n’est pas possible de démarrer l’exploitation des mines de diamants tant qu’un certain nombre de mesures ne seront prises pour garantir la transparence dans ce secteur », a déclaré à IRIN Ernest Jones, le vice-ministre du Développement rural et des mines.

Selon M. Jones, le gouvernement veut s’assurer d’abord de la mise en place de mesures de contrôle pour gérer un secteur industriel corrompu et source de conflit.

Ces mesures portent notamment sur la renégociation des licences octroyées aux exploitants des mines de diamants et le déploiement de fonctionnaires sur les sites d’exploitation afin de contrôler l’extraction, le transport et la vente de toutes les pierres précieuses, a-t-il souligné.

Le gouvernement a d’ailleurs fait savoir qu’il mettait en place un réseau de 10 bureaux régionaux pour contrôler l’exploitation des diamants.

L’embargo sur les exportations de diamants du Liberia a été levé le 27 avril par le Conseil de sécurité des Nations Unies, une décision prise afin d’encourager le gouvernement pour les efforts qu’il déploie en vue de l’adoption du projet de programme de certification internationale appelé processus de Kimberly.

Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) ont approuvé la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies et soutiennent l’attitude prudente adoptée par le gouvernement.

« Si l’exploitation devait reprendre trop vite, il ne serait pas possible de garantir l’infaillibilité des mesures de contrôle », a déclaré Annie Dunnebacke, porte-parole de Global Witness, un groupe de défense des droits de l’homme, basé à Londres.

Selon Mme Dunnebacke, le gouvernement libérien doit pouvoir appliquer le processus de certification pour s’assurer que les diamants ne serviront plus jamais à alimenter des conflits dans la région.

« Un puissant système de contrôle du commerce des diamants est crucial pour la sécurité du Liberia et de l’ensemble de la région », a-t-elle ajouté.

Le trafic des diamants et des autres ressources naturelles du Liberia et de la Sierra Leone, le pays voisin, aurait servi à financer les guerres civiles qui ont ravagé ces deux pays dans les années 1990.

Mme Dunnebacke et d’autres experts se sont dits plutôt préoccupés par la poursuite de l’exploitation illégale de certaines mines de diamant dans des régions reculées où l’Etat est très peu présent.

Toutefois, a-t-elle précisé, l’exploitation des mines de diamant n’est pas systématiquement une activité source de violence et de corruption.

« Pour certaines personnes, il s’agit d’une activité de subsistance », a-t-elle affirmé. Et ces personnes pourraient s’opposer au contrôle que l’Etat entend exercer sur ce secteur, si elles ne tirent aucun avantage de la légalisation du commerce des diamants.

Pour M. Jones, le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour s’assurer que les communautés locales tirent parti des revenus de l’industrie du diamant.

« Les revenus tirés des diamants exportés du Liberia seront réinvestis dans le développement des services sociaux des communautés où ces pierres précieuses ont été extraites. Ils ne serviront pas à financer des conflits, comme cela a été le cas dans le passé », a-t-il dit.

Les communautés devraient percevoir une partie des taxes prélevées sur l’ensemble des diamants exploités dans leur région, et les compagnies minières seront contraintes d’élaborer des projets contribuant au développement des communautés locales.

En effet, les populations des régions diamantifères ont fait savoir qu’elles ne voulaient plus revivre les mauvais moments de l’époque où elles ne tiraient aucun avantage de l’exploitation des diamants.

« Nous interdirons à toute société d’exploiter notre diamant si elle ne peut pas prendre l’engagement de nous construire des écoles, des hôpitaux et des routes », a déclaré Boima Pussah, un responsable de la jeunesse du district de Gola Konneh, une région diamantifère du nord-ouest du Liberia.

Pour Alhaji Momoh Pussah, un vieux sage d’un village de la région, sa communauté a trop longtemps été exploitée.

« Le temps où les sociétés pouvaient s’installer chez nous et exploiter nos ressources est révolu. Nous n’accepterons plus cela », a-t-il dit.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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