« La paix est revenue dans mon pays et il est important que nous soyons rentrés pour aider à reconstruire nos maisons et notre pays détruits par la guerre », a-t-il souligné.
Les quatorze années de guerre civile au Liberia ont fait de nombreux déplacés et réfugiés. La sécurité est désormais assurée par les quelque 15 000 casques bleus de la Mission des Nations unies au Liberia qui participe à la formation du nouveau corps de police et de l’armée.
Le programme de rapatriement volontaire mis en place par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) vise à rapatrier les Libériens vivant dans les camps de réfugiés d’Afrique de l’Ouest. Cette mesure répond à une urgence car avant la fin de l’année le budget de fonctionnement des camps de réfugiés sera épuisé et la distribution de vivres sera suspendue.
Rapatriement des réfugiés
Depuis le lancement du programme de rapatriement du HCR, en novembre 2004, plus de 38 000 Libériens des camps de Guinée ont été rapatriés au Liberia. Mais près de 33 000 autres Libériens vivent encore dans des camps installés le long de la frontière guinéo-libérienne.
En Afrique de l’Ouest, près de 142 720 Libériens bénéficient encore du statut de réfugiés. Ils vivent principalement en Guinée, Côte d’Ivoire, Sierra Leone et Ghana.
Le HCR a démarré une vaste campagne d’information en envoyant des représentants de l’Etat et des leaders locaux visiter les camps de réfugiés libériens implantés dans la région pour inciter leurs compatriotes à rentrer au pays.
En outre, les HCR financent le séjour de certaines familles de réfugiés dans leur région d’origine au Libéria pour qu’elles se rendent compte par eux-mêmes de l’amélioration des conditions de vie et de sécurité actuelles.
En camion et en pirogues, les réfugiés traversent la rivière Macona qui marque la frontière entre la Guinée – pays francophone – et le Liberia – pays anglophone – en emportant avec eux tous leurs biens.
Le HCR a ainsi pu rapatrier 16 000 des 18 000 Libériens vivant à Kissidougou, une localité de la région forestière, au sud de la Guinée. Les 2 000 autres réfugiés seront installés provisoirement dans des camps situés plus au sud de la frontière entre la Guinée et le Liberia, ce qui a entraîné la fermeture définitive du vieux camp de Kissidougou.
Et toutes les deux semaines, le HCR affrète un bateau pour rapatrier chez eux des Libériens installés au Ghana et en Côte d’Ivoire.
De retour à la maison
Installé désormais à Gbarnga (Centre), Nyumah regard les ruines de sa maison qu’il a abandonnée en 1990, alors que le Liberia sombrait dans la guerre civile. Aujourd’hui, après une formation de menuisier dans les camps, il est prêt à entreprendre des travaux de reconstruction.
Certains rapatriés, comme Jenneh Kumba qui a grandi dans les camps de Guinée, sont décidés à mettre au service du Liberia toute l’expérience qu’ils ont acquise à l’étranger.
« La Guinée a été une véritable expérience de vie pour moi - [puisque] j’y vis depuis l’âge de huit ans. Aujourd’hui, je parle français et anglais. J’ai une formation de secrétaire et j’ai une fille », a explique Kumba.
L’arrivée des rapatriés a été ressentie dans certaines villes comme Gbarnga, un Carrefour commercial où les activités commencent à reprendre. Partout les gens reconstruisent des maisons en banco recouvertes de toit de paille.
Ces travaux de reconstruction sont urgents pour le Liberia, un pays où, selon le Conseil norvégien des réfugiés, 60 pour cent de la population ne vit pas dans des habitations décentes.
Kemah Kollie est mère de dix enfants. Elle préfère affronter les durs travaux de reconstruction d’une maison plutôt que de vivre dans des camps.
« Au moins, nous vivons dans la dignité », explique-t-elle.
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