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L’ONUCI publie un rapport accablant sur les prisons ivoiriennes

La mission de paix des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) vient de publier un rapport accablant sur le système pénitentiaire ivoirien qui dénonce le surpeuplement des cellules, les mauvaises conditions d’hygiène des prisons et les graves problèmes de malnutrition, une des premières causes de mortalité parmi la population carcérale.

Le rapport cite également les gardes à vue prolongées, l’absence de soins de santé et les infrastructures vieillissantes comme étant des problèmes communs aux trente-trois prisons ivoiriennes.

En mars dernier, 9274 prisonniers étaient détenus dans des prisons du sud prévues pour 3371 personnes. Hommes, femmes et enfants sont détenus dans des conditions extrêmement précaires, déplore Françoise Simard de l’Unité des Affaires judiciaires et pénitentiaires de l’ONUCI.

L’enquête sur les prisons a été menée sur une période de deux ans en collaboration avec des experts.

Selon le rapport, la malnutrition serait la principale cause de mortalité en prison. Chaque prisonnier reçoit en moyenne une ration alimentaire par jour d’une valeur de 120 francs CFA (0,30 cents américains), ce qui représente moins de la moitié de ce que les pays voisins payent pour l’alimentation des détenus.

En outre, l’absence de soins de santé et de politiques de prévention sur le VIH Sida, ainsi que le manque total d’hygiène dû aux pénuries d’eau et de savon font que le nombre de décès enregistré dans les prisons est très élevé, explique le conseiller John Rose.

« Le taux de mortalité est très élevé, mais les statistiques sont floues. Il est presque impossible de savoir de quoi meurent les prisonniers car les décès sont généralement enregistrés comme étant dus à des « causes naturelles », explique M. Rose.

Le dernier décret relatif à la ration quotidienne des prisonniers remonte à 1952 et prévoyait entre autres des rations différentes pour les détenus africains et européens.
Plusieurs prisons en Côte d’Ivoire sont d’anciens entrepôts, alors que d’autres ont été construites au moment de l’indépendance du pays en 1960.

Le rapport note également que la plupart des établissements sont « en très mauvais état », aucune extension des locaux n’ayant été effectuée au cours des vingt-quatre dernières années pour tenir compte de l’augmentation de la population carcérale.

Dans le sud, les prisons sont gérées par l’administration pénitentiaire du ministère de la Justice. Les budgets alloués aux prisons sont insuffisants et les directeurs d’établissement pénitentiaires ne s’en sortent pas, explique le rapport.

Dans le nord, occupé par les forces rebelles, le système judiciaire a complètement disparu il y a quatre ans, au début de la guerre civile. Les prisons ont été partiellement ou totalement détruites et toutes les archives ont disparu pendant les combats. Des volontaires non formés sont maintenant devenus gardiens dans les prisons où les détenus n’ont jamais été traduits devant un juge.

« Sans espoir d’être jugé, [les prisonniers] sont détenus dans une sorte de garde à vue permanente, jusqu’à ce qu’un commandant de région ou un préfet de police décide de les remettre en liberté », explique le rapport.

Les Forces nouvelles, le mouvement rebelle du nord, alloue un petit budget pour les repas, mais il n’y a pas assez de nourriture et les gardiens doivent la partager avec les prisonniers.

La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis l’échec de la tentative de coup d’Etat de 2002. Les troupes rebelles se sont retirées vers le nord et se sont transformées en mouvement politique, les Forces nouvelles.

Le rapport des Nations unies appelle à des changements drastiques dans tout le système pénitentiaire ivoirien. Il préconise la mise en place d’une politique de prévention du Sida et de la tuberculose, la formation du personnel pénitentiaire, le recrutement de gardiens supplémentaires, une augmentation du budget l’administration, et la mise en place d’un programme d’urgence pour la réhabilitation des prisons.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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