La cérémonie s’est déroulée mardi sous la protection de la police et des soldats de l’ONU déployés dans le pays, mais les ex-rebelles ont refusé de quitter immédiatement les lieux.
Constitués en association, le Programme national de réinsertion des ex-combattants, les ex-miliciens installés dans la plantation ont indiqué qu’il leur faudrait trois mois pour s’en aller.
La reprise de la plantation d’hévéa de Guthrie, située à quelque 50 kms de Monrovia, la capitale du Liberia, fait partie des engagements pris par le gouvernement post-conflit pour relancer l’économie libérienne complètement affaiblie après tant d’années de guerre civile.
La nouvelle Présidente Ellen Johnson-Sirleaf, qui a pris fonction en janvier 2006, avait promis de créer de nouveaux emplois et d’instaurer un climat favorable aux investissements.
La plantation de Guthrie sera désormais gérée provisoirement par à la LRPA, l’Association des planteurs d’hévéa du Libéria, a expliqué le ministre libérien de l’Agriculture, Chris Toe.
« La LRPA gérera provisoirement la plantation jusqu’à la signature prochaine d’un contrat d’exploitation à long terme », a indiqué M. Toe.
Les quatorze ans de guerre civile ont pris fin en 2003 et certains groupes d’ex-combattants se sont installés dans les plantations d’hévéa de Guthrie et de Sinoe (Sud). A plusieurs reprises, les communautés vivant près de ces plantations se sont plaintes des exactions commises par ces ex-miliciens.
Pendant plus de trois ans, ils ont gagné leur vie en exploitant illégalement les plantations d’hévéa et en vendant le latex aux commerçants de Monrovia. Désormais, le permis d’exploitation de ce commerce a été accordé à la LRPA.
Un ex-combattant de la plantation a confié mardi dernier à IRIN qu’avec la vente du latex, chaque ex-combattant gagnait 150 dollars américains par semaine, une somme importante dans un pays où la Banque mondiale estime que la plupart des Libériens vivent avec moins d’un dollar par jour.
La sécurité des opérations de la LRPA sera assurée par les agents de la nouvelle de police libérienne, soutenue par les Casques bleus, ont indiqué des officiers des Forces des Nations Unies.
Et à en croire M. Toe, le dialogue entre le gouvernement et les ex-combattants se poursuivra.
« Nous allons poursuivre nos discussions avec eux et c’est d’ailleurs pour cette raison que nos partenaires comme la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (NCDDRR) sont impliqués dans la prise en charge des ex-combattants » a-t-il expliqué.
Mais pour Sumo Dennis, le porte-parole des ex-combattants de Guthrie, il faudra un certain temps à son groupe pour évacuer la plantation.
« Nous demandons au gouvernement de nous donner 90 jours pour nous reloger avec nos familles », a indiqué Dennis, « mais nous ne poserons aucun problème ni ne remettrons en cause l’autorité de l’Etat ».
Quant à Emmanuel Kaye, ex-combattant du mouvement des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), certains d’entre eux n’ont toujours pas reçu la totalité du pécule promis en échange de leurs armes.
« Quelques-uns d’entre nous ont rendu leurs armes aux forces de la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL) », a souligné Emmanuel Kaye, « mais nous n’avons pas reçu la prime de désarmement qui inclut aussi l’inscription dans une école ou une formation professionnelle… Donc notre installation sur cette plantation et la vente de latex étaient une manière pour nous de nous occuper ».
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