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Un chef de milice accusé de trahison risque la prison à perpétuité

Un influent chef de milice séparatiste de la région instable du delta du Niger risque la prison à vie après avoir été inculpé de trahison jeudi, suite à des commentaires effectués dans un journal.

Au moment où Moujahid Dokubo-Asari comparaissait devant la cour d’Abuja, la capitale, des centaines de ses partisans amassés devant le tribunal réclamaient la relaxe du chef des Forces Volontaires du peuple du Niger (NDPVF).

M. Dokubo-Asari, qui a été arrêté il y a plus de deux semaines pour avoir appelé à l'éclatement du Nigeria, a été inculpé de conspiration, de réunion illégale et de "crime relevant de trahison" devant Babs Akinwumi, le juge présidant la séance.

Il a plaidé non coupable mais restera en détention jusqu’au 11 novembre, la date fixée par la Cour pour la reprise du procès.

Selon la loi nigériane, le crime relevant de la trahison, considéré comme une accusation moindre que celle de trahison directe, est passible de la prison a vie.

M. Dokubo-Asari a déclaré devant la Cour : « Nous devons être libres. Mon peuple doit être libre » tout en dévoilant un t-shirt noir arborant le nom d’Isaac Boro, un militant du Delta qui a mené une brève campagne armée en 1966 pour une République du delta du Niger indépendante.

A l’extérieur, la police a dispersé des centaines de partisans qui brandissaient des pancartes et des banderoles exigeant sa libération et en a arrêté plusieurs. Ils seront accusés d’infraction à l’ordre public, a déclaré un officier de police.

Dokubo-Asari a été arrêté le 20 septembre à Port Harcourt, le centre de la production pétrolière nigériane, pour avoir appelé à la désintégration du Nigeria dans un article accordé à un journal local.

Le procureur de la République Bayo Ojo a plus tard déclaré à la presse qu’il devrait faire face à des accusations de trahison.

Le chef de la milice avait comparu brièvement devant la Cour deux jours après son arrestation et un juge avait ordonné qu’il reste en détention en attendant que des accusations formelles soient formulées.

Les sympathisants de M. Dokubo-Asari dans le delta du Niger, une région qui fournit la quasi-totalité des 2,5 millions de barils de pétrole produits chaque jour au Nigeria, avaient à l’époque menacé de déclencher de « graves troubles » pour protester contre sa détention.

Deux installations pétrolières dirigées par Chevron avaient été brièvement fermées par des miliciens armés de la milice, mais avaient été réouvertes après que le gouvernement du président Olusegun Obasanjo ait renforcé ses troupes et que les NDPVF aient retiré leurs menaces.

L’année dernière, Dokubo-Asari avait menacé de s’attaquer à l’industrie pétrolière du Nigeria, ce qui avait provoqué une hausse spectaculaire du cours du baril de pétrole qui avait atteint des niveaux record.

Après des échanges de coups de feu entre ses militants et l’armée, l’affrontement avait été évité de justesse grâce à une entrevue entre le chef de la milice et le président Obasanjo. Dokubo-Asari avait accepté de désarmer et de restituer des centaines d’armes en échange d’une amnistie et d’importantes sommes d’argent.

Le militant révolutionnaire Dokubo-Asari est considéré comme un héros par la communauté Ijaw, le groupe ethnique majoritaire dans la région du delta du Niger qui revendiquent un meilleur partage et contrôle de la manne pétrolière afin de bénéficier d’un meilleur accès à des services de base tels que l’eau et l’électricité.

La plupart des habitants du delta du Niger vivent dans une grande pauvreté, s’estimant spoliés de leurs richesses et exploités par les joint-ventures dirigées par le gouvernement nigérian et les compagnies pétrolières internationales.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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